22 500 VO rénovés par an pour un potentiel de 30 000 unités à pleine capacité, déjà 180 collaborateurs recrutés et formés (3 équipes de nuit), 100 euros d’économie de frais de remise en état par voiture et 6 millions d’euros investis au global, voici les chiffres réels très prometteurs du premier Centre de reconditionnement de véhicules d’occasion (CRVO) du groupe Emil Frey France. Créé en joint-venture avec BCAuto Enchères, il a ouvert ses portes en août 2020 à Ingrandes-sur-Vienne, près de Poitiers. Si L’argus a eu l’honneur de le visiter en exclusivité quelques mois après son ouverture en pleine crise sanitaire (Lire : Dans les coulisses de l'usine VO d'Emil Frey), nous étions loin d’imaginer qu’un plan stratégique était déjà en train de maturer dans la tête des deux dirigeants, Hervé Miralles, président d’Emil Frey France et Olivier Fernandes, directeur général de BCAuto Enchères.

Le CRVO d
Le CRVO d'Ingrandes-sur-Vienne est la première usine VO d'Emil Frey.

Emil Frey et BCAuto ouvriront 4 autres fabriques VO d'ici à 2024

En effet, le duo a dévoilé le 29 septembre 2021, soit un an après la concrétisation d’une première usine VO, leur stratégie de déploiement national. Et elle est assez ambitieuse : d’ici à 2024, la joint-venture créée à 50/50 entre les deux acteurs du projet possèdera 5 centres de rénovation de véhicules d’occasion en France. Ce sont donc 4 autres créations de fabriques VO attendues sur les trois prochaines années. Une équipe de 15 personnes dédiées a même été créée pour accompagner ce projet (développement, recrutement, formation, communication et prospection).

« La création d’un maillage sur tout le territoire va permettre à Emil Frey France de couvrir l'ensemble de ses volumes propres tout en traitant des volumes supplémentaires provenant des flottes de loueurs et de constructeurs amenés à reconditionner, tout en contenant les frais de logistique », précise-t-on en conférence de presse.

Une 2e usine VO à Lens au printemps 2022

Occasion. Emil Frey va quintupler son modèle d

Après Poitiers, Lens sera la deuxième ville à accueillir un CRVO au printemps 2022, nécessitant 9 mois de travaux de réhabilitation. Sa superficie s’étendra sur 18 500 m2, soit plus du double du modèle poitevin. Notons aussi une nouveauté, le bâtiment intégrera également deux plate-formes de pièces de rechange Renault et Ford sur 8 000 m2. Ce site industriel représentera au global un investissement de 18 millions d’euros et aura pour objectif de couvrir 6 départements, avec une présence locale de 59 concessions automobiles et 15 marques distribuées. Ce sont à terme 360 collaborateurs qui y travailleront pour atteindre une capacité annuelle de 45 000 VO traités, soit 15 000 unités de plus. Un atout certain pour Emil Frey.

Les trois autres usines sont déjà à l’étude, voire même en cours de développement, à raison de 20 millions d’euros d'investissement chacune. Dans l’ordre, un 3e projet d’implantation est prévu pour le printemps 2023 dans le Grand Est, un autre à l’automne 2023 dans le Sud Est et un 5e au printemps 2024 dans la métropole de Lyon.

« Les projets sont tous très bien avancés et nous dupliquerons le premier modèle en plus grand parce qu’il fonctionne », assure Hervé Miralles.

Créateur de filières métiers 

La capacité finale attendue devrait atteindre en pleine activité 150 000 occasions rénovées par an. Et, chaque déploiement d’un CRVO se veut aussi « créateur d’emplois dans son bassin puisqu’à terme, environ 1 200 postes auront ainsi été créés sur tout le territoire, soutenus par la création de filières métiers et de formations pour consolider  l'acquisition de compétences », souligne le dirigeant. Le plan stratégique repose sur trois axes de travail : créer un maillage, dimensionner les usines aux ambitions de chaque acteur et contenir les frais logistiques. « Nous cherchons évidemment à préempter le marché de l’occasion. Ces 5 centres sont le résultat d’un potentiel identifié parce que nous nous sommes limité, mais il est clair que nous pourrions créer une 6e usine si le besoin s’en fait ressentir et que la demande s’intensifie », se projette Hervé Miralles, patron du groupe Emil Frey France.