Adopté ! Les députés Damien Pichereau, Jean-Marc Zulesi, Matthieu Orphelin et Barbara Pompili sont parvenus à faire voter un amendement en commission du développement durable qui envisage une grille de malus différente pour les véhicules diesels.

Alors que le projet de loi de finances 2019 prévoit déjà un durcissement du malus par rapport à 2018 (déclenchement de la taxe dès 117 g, contre 120 g à l'heure actuelle), l'amendement envisage de taxer les diesels neufs dès 98 g. Un diesel neuf émettant un tel taux de CO2 serait redevable de 50 €, celui émettant 99 g 55€, etc.

"A l'heure actuelle, le barème du malus ne se fonde que sur les émissions de CO2. Or, les diesels émettent des particules fines, mais il est très compliqué de parvenir à les intégrer dans le calcul du malus" observe Damien Pichereau, député LREM de la Sarthe et surtout ex-professionnel de l'automobile.
Le raisonnement du député a donc été le suivant : puisqu'ils émettent, en moyenne, 20% de CO2 de moins que les moteurs à essence, il faut que la grille du malus démarre environ 20% plus bas, donc, à 98 g : "Les plus petits véhicules restent néanmoins exonérés de cette taxe, qui se veut incitative dans le cadre de l'acquisition d'un véhicule à moteur à explosion" souligne l'exposé des motifs de l'amendement.

Frapper les diesels d'un malus dès 98 g émis continuerait d'en exonérer certains, effectivement. La Peugeot 208 Blue HDI, par exemple, échapperait ainsi au malus. En revanche, les deux véhicules diesels les plus vendus de France, que sont la Renault Clio (104 g et 105 g, suivant la version) et le Peugeot 3008 (101 g, 106 g, 124 g) seraient redevables d'une taxe.

Le chemin est encore long avant que cet amendement ne se transforme en loi. Il devra être adopté en commission des finances, puis être discuté dans l'hémicycle : "Cela va être compliqué, mais l'amendement a déjà reçu un bon accueil" indique Damien Pichereau.