Au troisième trimestre 2018, les ventes de Michelin ont progressé de 5,2% à 5,61 milliards d'euros, alors que le chiffre d’affaires était attendu à 5,5 milliards par le consensus Reuters. Michelin continue notamment de surperformer le marché sur le segment des pneus tourisme de 18 pouces et plus. Pourtant, le groupe a préféré réviser ses prévisions de marché pour l’exercice 2018, tablant sur une hausse de 0,5% pour le segment des véhicules de tourisme, contre +1,5% auparavant, et pour une contraction sur celui des poids lourds (-1,5% contre +0,5% initialement attendu). Pour les segments dits de spécialités, la prévision de marché reste inchangée (+6%).

Pour expliquer cette prudence, pour reprendre le terme utilisé par certains experts des places de marché, la direction de Michelin avance notamment un fléchissement du marché asiatique (zone Asie comprenant la Chine, mais hors Inde), aussi bien en première monte (-4% au 3ème trimestre sur le segment « tourisme ») que sur le marché du remplacement (-3%). De plus, l’activité PL s’est fortement ralentie sur la période (-24%). A ce premier élément vient s’ajouter un repli du marché européen au troisième trimestre en 1ère monte (hors PL).

Dans ce contexte, le groupe a précisé sa guidance et n’attend plus qu’une croissance des volumes légèrement positive sur l'exercice. En revanche, tous les autres indicateurs, free cash flow par exemple, et les grands axes stratégiques, dont la conduite du plan de compétitivité, sont confirmés.

Dès lors, si les places boursières ont sanctionné le groupe, il convient de rester modéré, comme les analystes de Jefferies : "La prévision révisée va être prise inutilement comme un avertissement sur résultats, alors qu’elle reflète surtout un problème de communication plus que d'exécution". Les experts d’UBS abondaient aussi dans ce sens.



(avec Reuters)