« Nous sommes le 5 septembre et je ne cesse d'envoyer des e-mails sur le site dédié à la prime à la conversion, sans réponse. Sachant que nous avons acquis notre véhicule le 15 juillet, cela commence à faire long » ; « Une dizaine d’appels, quatre e-mails et toujours la même réponse : il faut patienter » ; « Aujourd'hui, la colère est montée d'un cran, l'Agence de services et de paiement (ASP) me tient toujours le même discours, ils sont vraiment désolés ».

Les messages de mécontentent signés de particuliers, acquéreurs d’un véhicule neuf ou d’occasion, affluent depuis plusieurs semaines sur le site de L’argus pro. Tous pointent du doigt les retards de versement des primes à la conversion et surtout l’absence d’informations claires et précises justifiant l’allongement des délais depuis le mois de juin.

D'après les commentaires relevés, l'Agence de services et de paiement (ASF) et le ministère de la Transition écologique et solidaire se rejettent la balle sur ce sujet. Le personnel de l’ASP est-il pris de court par le nombre de dossiers reçus ? Les fonds consacrés à cette prime sont-ils insuffisants ? Contacté le 11 septembre, le ministère de la Transition écologique et solidaire ne nous a pas encore répondu.

Une enveloppe vide


Début juillet, celui-ci informait que 90 000 demandes de primes à la conversion avaient été enregistrées au cours des six premiers mois de l'année. Initialement, il tablait sur un total de 100 000 demandes sur l’ensemble de l’exercice 2018. Le succès est donc au rendez-vous. Il est même trop beau puisque l’enveloppe allouée pour cette aide est vide.

La colère monte chez les particuliers dont l’achat a pu être motivé par la mise en place, depuis le 1er janvier 2018, de la prime (de 1 000 ou 2 000 euros selon les foyers). « Je n'aurais pas pu faire de crédit si je n'avais pas englobé cette prime. En attendant le remboursement, je paie », dénonce ainsi un acheteur sur notre site Web. Elle se fait ressentir également chez les professionnels qui font l’avance de trésorerie pour le compte de leurs clients. Les montants en attente de remboursement sont conséquents pour certains opérateurs.

Mise en péril des trésoreries des concessionnaires


Le CNPA était déjà monté en créneau en avril dernier pour réclamer une accélération du processus de remboursement. L’organisation soulevait alors la « mise en péril des trésoreries de ses adhérents ». « Certains concessionnaires ont avancé jusqu’à 600 000 euros, voire 800 000 euros, pour la prime à la conversion. Il y a eu des cas vraiment critiques, où nous avons fait remonter un numéro de Siret, en expliquant que la situation était intolérable », soulevait en juin Fabien Bonadeo, secrétaire général au sein du CNPA, lors du dernier Club Argus.

En cette rentrée de septembre 2018, le problème est loin d’être réglé. « Nous avons alerté à plusieurs reprises le directeur de l'ASP et allons monter plus haut très bientôt », nous informe le CNPA.