Un succès fou ! Après des années d'anonymat, la prime à la conversion est devenue une véritable star, depuis qu'elle a été rendue accessible pour l'achat d'un véhicule d'occasion. L'exécutif prévoyait à l'origine d'en distribuer 100 000 en 2018 : "Le gouvernement estime désormais que plus de 300 000 demandes de primes devraient avoir été émises d'ici la fin de l'année, ce qui représenterait un montant d'aides total d'environ 325 millions d'euros, en hausse de 150% par rapport à ce qui avait été prévu" écrit ainsi le sénateur dans un rapport destiné à la commission des finances du Sénat.

Mais un tel succès n'est pas sans poser de problèmes : "Pour financer les 200 000 primes qu'il n'avait pas anticipées, le gouvernement va pouvoir bénéficier des recettes supplémentaires du malus, qui pourraient représenter 164 millions d'euros en 2018" continue le sénateur, "mais comme il (le gouvernement) considère que le compte (...) aura besoin d'un total de 590 millions d'euros pour faire face à l'ensemble de ses obligations, il prévoit également de transférer 38 millions d'euros de crédits par arrêtés". Ce qui signifie que les seuls malus de cette année ne suffiront pas à couvrir les paiements de primes à la conversion. Le budget général de l'Etat devrait donc en être de sa poche, car selon la dernière prévision entraperçue par M. Husson, le malus devrait rapporter "552 millions, soit 42,3% de plus que ce qui était prévu" en 2018.

Conditions plus drastiques


Ce raz-de-marée de gratifications devrait donc être mieux encadré l'an prochain, sachant que certains montants de prime vont doubler. Le sénateur Husson dévoile ainsi les pistes de l'exécutif "pour éviter une trop grand inflation des demandes" explique-t-il.
Première idée : "Rendre éligible (...) uniquement l'acquisition de véhicules thermiques émettant moins de 117g de CO2 par km, contre 130 g/km en 2018" précise le sénateur.
Seconde idée : "Réserver aux ménages non imposables la prime à la conversion pour l'achat de véhicules Crit'air 2" continue l'élu des Républicains.

Un détail d'importance : les ménages les plus modestes seraient donc contraints d'acheter, pour décrocher les 4000 € d'aides, soit un diesel d'après 2010, soit une essence d'après 2005. Des conditions de nature à étrangler la demande ? A voir, sachant que, toujours selon le sénateur, "près de 71% des primes concernaient des ménages non imposables" en 2018.

Le succès de la prime à la conversion met enfin cruellement en lumière le piétinement du bonus. Jean-François Husson fait savoir dans son rapport que 40 000 bonus pour l'achat de véhicules électriques ont été prévus pour 2019, "soit une hypothèse identique à celle de 2018". D'autant plus que l'exécutif a prévenu que les véhicules à plus de 60 000 € ne pourraient se prévaloir d'un accès au bonus l'année prochaine.