La prime à la conversion est un succès. Qui donne des maux de tête à l'administration, met en rage les distributeurs et particuliers et contraint les politiques à s'exprimer sans filet... Selon la ministre des Transports Elisabeth Borne, ainsi, "le délai de paiement a pu être ramené à un mois et demi à la fin de décembre dernier" a-t-elle fait savoir au sénateur Stéphane Piednoir. Ce dernier interpellait la ministre dans l'hémicycle du Sénat pour lui faire remarquer qu'à ce jour, "à l'échelle nationale, ces retards de paiement représentent environ 80 millions d'euros" et qu'il s'agit donc "d'un réel dysfonctionnement du dispositif".

Environ 80 millions d'euros en attente de paiement au niveau national signifient que certains distributeurs attendent des remboursements colossaux. PSA Retail, par exemple, a très récemment fait savoir qu'il était en attente de 8 millions d'euros de la part de l'Etat. Une somme tellement élevée qu'elle est de nature à convaincre les divers acteurs de PSA Retail de réfléchir à deux fois avant d'avancer la prime à la conversion aux clients. Particulièrement ceux qui seraient susceptibles d'être aidés à hauteur de 4000€...

Mais au delà des propos rassurants de la ministre des Transports, l'Administration a elle aussi communiqué quelques résultats sur la prime à la conversion. Ce dispositif a été un raz de marée en 2018 : "295 765 demandes ont été déposées et 254 654 dossiers ont été acceptés" a écrit le ministère de la Transition écologique tandis que "206 665 dossiers ont été payés, pour un montant de plus de 376 M€." Rien qu'au mois de décembre, le ministère indique avoir honoré 69 549 remboursements.

L'Administration comme le gouvernement se veulent rassurants pour les paiements de cette année. Les fonds disponibles ne transiteront plus par le "compte d'affectation spécial", ce qui devrait accélérer, en théorie, les remboursements.