En façade, un bilan commercial incroyable : +38,1% de ventes au premier semestre pour le groupe PSA, avec 2 181 823 immatriculations dans le monde. Une progression qui est évidemment due à la récente intégration des ventes d'Opel dans les chiffres de PSA. Si l'on exclut Opel du bilan, les chiffres diffèrent grandement : Peugeot, Citroën et DS ont vu leurs ventes progresser de 1,9% sur le semestre.

Une légère inflation des ventes qui trouve sa source essentiellement en Europe : 1 122 700 voitures vendues hors Opel, +8,4% par rapport au premier semestre 2017. Surtout, l'Europe a représenté (toujours sans Opel) 69,7% des immatriculations totales de PSA, contre 65,5% l'an dernier. Citroën vend essentiellement en Europe (77,5% des modèles écoulés), à l'instar de DS, qui n'est d'ailleurs pas parvenue à progresser ailleurs que sur son continent d'origine.

L'Europe est d'autant plus prépondérante pour le groupe français que son deuxième marché vient de s'effondrer. Peugeot et Citroën étaient revenus en fanfare en Iran en 2017, après l'assouplissement des sanctions économiques américaines à l'encontre de la république islamique. Mais les récentes décisions du président américain Donald Trump ont à nouveau changé la donne.
Les constructeurs occidentaux sont obligés de quitter le territoire iranien et toutes les coentreprises récemment montées, et en dépit des tentatives françaises pour maintenir des liens commerciaux avec l'Iran, PSA note que "141 000 unités vendues sous licence Peugeot à Iran Khodro ont été vendues jusqu'au 30 avril 2018", ce qui signifie que les chaines ont probablement cessé de fonctionner au delà de cette date.
De ce fait, les résultats s'effondrent sur la zone "Afrique Moyen-Orient" de PSA : -25,8% de ventes, un chiffre appelé à grimper encore d'ici à la fin de l'année. 

Le reste des zones géographiques de PSA présente des résultats plus contrastés : la Chine et l'est asiatique ont permis au groupe de progresser de 6,6%, grâce à Citroën surtout ; l'Amérique latine s'est révélée plutôt atone (+1,3%) tandis que l'Inde-Pacifique (-1,6%) et l'Eurasie (+8,4%) ont connu des vicissitudes différentes. Ces deux dernières zones ne pèsent que pour 1,2% des ventes totales du groupe.

Le 3008, quel sacré numéro


L'analyse des ventes par modèle présente une physionomie comparable à celle de l'an dernier. En dehors des véhicules utilitaires, qui fonctionnent très bien chez Peugeot comme chez Citroën (+8,3% d'immatriculations), seuls les véhicules les plus récents présentent des bilans commerciaux positifs, ou presque. Le couple 3008-5008 continue de se vendre sans souci : +37% pour le 3008, +168,8% pour sa version allongée. L'engouement est tel pour le 3008 qu'il est désormais le deuxième véhicule le plus vendu du groupe PSA, derrière la 208 (-8%) mais devant la Citroën C3 (-3,6%).
Exception faite de la ion, les immatriculations de 308 sont aussi parvenues à s'améliorer au premier semestre : +1,7%, pour 118 582 unités distribuées.

La situation chez Citroën ne diffère guère. Les deux électriques C-Zéro et e-Mehari ont certes progressé, mais toutes les autres silhouettes ont chuté à l'exception des C3 et C5 Aicross. Deux véhicules tellement récents (le C5 Aircross n'est pas encore commercialisé en Europe) qu'ils ne bénéficient d'aucune base de comparaison en 2017.
DS peut enfin se targuer d'un bilan commercial positif grâce à l'arrivée du DS7 Crossback dans les statistiques : 31 754 ventes et +14% pour la marque censée symboliser le premium à la française.