"Autopilot" et autres fonctions destinées à aider le conducteur voire à le remplacer temporairement peuvent grandement nuire à la sécurité, si l'on en croit la campagne d'essais réalisée par l'Utac pour le compte de la fondation Maif.

Cinq véhicules ont été dûment testés sur une période d'un an et demi : Tesla S, Volvo XC60, Audi A8, Mercedes Classe E et BMW Série 7. Si "certaines ont des prestations bluffantes et peuvent donner l'illusion d'être de pseudos-véhicules autonomes" comme l'indique l'Utac, les essais réalisés en présence de la presse ont permis de se faire une idée sur le degré de fiabilité à accorder à ces aides. Le résultat approche le zéro !

Première démonstration : il s'agit de lancer une Tesla S en mode "Autopilot" à 120 km/h sur une voie parfaitement dégagée. Au loin, une voiture est arrêtée. La Tesla freine en temps et en heure, tout est parfait.

Deuxième démonstration, avec L'argus à bord : la Tesla roule à 50 km/h en suivant une voiture. Celle-ci réalise un évitement car un troisième véhicule est arrêté en pleine voie. La Tesla devrait donc elle aussi réaliser un évitement, mais au lieu de cela... boum ! " Ce matin, ce test-là avait marché, pourtant " annonce l'opérateur de l'Utac assis derrière le volant... Le reste des démonstrations est au diapason. Le test de la queue de poisson finit en séance de destruction de la "cible", etc : "Le système n'a pas fonctionné" reprend encore l'Utac, "un conducteur aurait évité l'accident. Les aides ont du mal à voir les voitures situées en dehors de leur voie..."

Les constructeurs ne revendiquent pas encore le fait d'avoir des voitures quasi-autonomes dans leurs catalogues. L'Utac et la fondation Maif en sont bien conscients, il ne s'agissait donc pas de démontrer que ces véhicules n'étaient pas réellement autonomes. La Fondation Maif veut toutefois tenter d'enrayer la récente croyance de certains qui consiste à imaginer que les voitures actuelles sont déjà capables de suppléer le conducteur. Que nenni ! Les aides à la conduite, testées et re-testées des dizaines de fois, font tirer tout droit les véhicules dans les virages un peu serrés (problème de lecture de la route par les caméras), font percuter de plein fouet un véhicule à l'arrêt en travers de la chaussée, etc.

Mais plus que cela, le problème de la répétabilité se pose aussi : pourquoi un test qui fonctionnait sur une même piste le matin n'est-il pas un succès l'après-midi ? "La luminosité, le vent" répondent les experts de l'Utac avec un large sourire. Censées être de niveau "2" en autonomie, les autos actuelles ne peuvent en aucun cas se passer de toute l'attention du conducteur. Bien au contraire.