L'Ufip n'y va pas par quatre chemins : "Les livraisons de carburants routiers sur le marché français ont baissé à 3,974 millions de mètres cubes en septembre 2018 (-11,8%) par rapport à septembre 2017. Les livraisons de supercarburants sans plomb sont en baisse de 7,3% et celles de gazole en baisse de 12,9%" explique t-elle dans son dernier communiqué. Au cumul des 9 mois, "la consommation française de carburants routiers a baissé de 2,1%" indique l'Ufip, sachant que les divers sans-plomb sont en hausse de 3% et le gazole en baisse de 3,3%. La tendance à la baisse s'explique par le fait que la consommation de gazole représente 79,4% des achats de carburants.

L'Ufip pense que les chiffres cumulés depuis le début de l'année sont plus significatifs que ceux du seul mois de septembre. Ils "traduisent une forte augmentation des achats transfrontaliers" selon le président de l'Ufip Francis Duseux.
Sollicitée, l'Ufip livre un peu plus de détails : "Au niveau national, les chiffres ne sont pas frappants. Mais dans certains départements frontaliers du Luxembourg, de l'Allemagne ou de l'Espagne, la baisse des livraisons peut atteindre 10%. Et sur certaines stations, cela monte à -20%" observe l'Union.

D'après les chiffres de l'Ufip, les prix à la pompe ont en effet flambé ces derniers temps : 1,57€ du litre en moyenne pour le SP 95 au 12 octobre dernier, 1,53€ pour le gazole. En six mois, la hausse de tarif a été de 3,2% sur le SP 95, et de 7% sur le gazole.

Une actualité chaude qui n'a pas épargné l'Assemblée nationale, actuellement en pleine discussion du projet de loi de finances pour 2019. L'an prochain, il y aura bien une nouvelle hausse de la fiscalité sur les carburants, mais celle-ci a été décidée de longue date. La composante "Contribution climat énergie (CCE)", qui fait partie intégrante de la TICPE, la principale taxe sur les carburants, va passer de 44,6€ la tonne de CO2 à 55€ en 2019. Traduite en chiffres, cette hausse devrait représenter un renchérissement de 3 à 7 centimes par litre de carburant. Une situation que bien des députés ont tenté de combattre à coup d'amendements : mise en place d'un "ticket carburant" pour certains, baisse de la fiscalité pour d'autres, tout a été tenté. En vain pour l'instant.
L'exécutif, de même que certains députés, ont en effet fait remarquer que l'essentiel du renchérissement des prix à la pompe observée à l'heure actuelle était la résultante de la hausse des prix du baril de brut.