Dégringolade ! Maserati n'est pas en forme, bien que les résultats n'aient pas viré au rouge. Selon le bilan du 3e trimestre 2018 publié par FCA, volumes et profits ont chuté pour la marque au trident. Le résultat opérationnel (Ebit) a fondu : 15 M€ de gagnés en trois mois, contre 113 M€ au 3e trimestre 2017, soit 2,4% de marge opérationnelle contre 13,8% un an auparavant. Au cumul des 9 mois 2018, le résultat opérationnel est de 103 M€ ; -72%...
FCA explique ces résultats par "une diminution des volumes en Europe et en Chine", mais aussi par un mix produits moins favorable, et enfin, "une hausse des coûts de recherche et développement". Autant de facteurs néfastes que n'aurait pas contrecarré la hausse des ventes observée en Amérique du Nord.

Maserati demeure une marque confidentielle en Europe, ce qui semble logique eu égard à son positionnement.

En France, au cumul des 10 mois écoulés, la marque a distribué 544 véhicules, un volume en baisse de 5,1%. Le SUV Levante domine largement les ventes, avec 307 immatriculations contre 169 pour la Ghibli, 29 pour la Quattroporte et 26 pour la Gran Turismo. La baisse est palpable sur le marché français, mais il ne faut pas oublier que Maserati a multiplié son volume de ventes par 7 entre 2012 et 2017 : 98 immatriculations en 2012, 711 en 2017. D'un constructeur qui ne vendait presque que des coupés de luxe en 2012, Maserati est devenue une marque proposant deux berlines, un SUV, un coupé et un cabriolet. L'arrivée de la Ghibli est des motorisations diesels en 2013 a en effet eu un effet turbo sur les ventes : 429 immatriculations en 2014 en France, dont 60% de diesels !

Ailleurs en Europe, Maserati a effectivement un peu de mal cette année : 1125 immatriculations au cumul des 10 mois au Royaume-Uni (-22,5%), 2407 en Italie (-6%), 278 en Espagne (-10%), etc.

Le PDG de FCA Mike Manley a regretté cette situation, selon des propos rapportés par Automotive News : "Lorsque nous avons regroupé Alfa Romeo et Maserati, nous avons fait deux choses. Premièrement, cela a réduit l'attention accordée à Maserati. Deuxièmement, Maserati a été traité pendant un temps à la manière d'un constructeur généraliste, ce qu'il n'est pas. Cela n'aurait pas dû avoir lieu" a fait savoir l'Anglais. Le PDG indique avoir déjà pris des mesures correctives, mais leurs effets ne devraient pas se faire sentir avant quelques mois au moins.