Quatre vingt dix-huit pages. Le règlement UE 2016/427 "portant modification du règlement (...) en ce qui concerne les émissions des véhicules particuliers et utilitaires légers Euro 6" a été publié le 31 mars dernier. De la calibration de l'appareil de mesure (PEMS) en passant par la manière de sécher les gaz recueillis, tout y est détaillé...

Quelques données tout à fait intéressantes sont cependant à retenir.  Sur les conditions de déroulement de l'essai tout d'abord : l'altitude devra être inférieure ou égale à 700 mètres, sauf en cas de "conditions d'altitude étendues" qui peuvent être poussées jusqu'à 1300 mètres au dessus du niveau de la mer. Les conditions de température, pour que l'essai soit conforme, doivent être comprises entre 0 et 30°C, voire même entre -7°C et +35°C en cas de conditions étendues. Il s'agit là d'un point crucial pour les constructeurs, puisque les moteurs sembleraient plutôt généreux en émissions de NOx dès que les températures baissent...

Autre point sensible pour les constructeurs, la régénération de l'éventuel filtre à particules : si celle-ci se produit pendant l'essai, le constructeur peut l'invalider à sa demande. Il sera répété une autre fois, mais "si une régénération se produit lors de la répétition de l'essai RDE, les polluants émis durant l'essai répété doivent être inclus dans l'évaluation des émissions". Hors, une régénération signifie une élévation de température, et donc une potentielle émission de NOx supplémentaire.

160 km/h, PEMS et vent dans le dos

Les vitesses, ensuite : pas plus de 60 km/h en ville, entre 60 et 90 km/h hors agglomération, et au moins 90 km/h sur autoroute. En ville, la vitesse moyenne sera comprise entre 15 et 30 km/h, avec des périodes d'arrêt de 10 secondes au moins ; 10% de la phase urbaine devront être le fait de périodes d'arrêt.
Sur autoroute, le véhicule devra atteindre au moins 110 km/h, et rouler à plus de 100 km/h "pendant au moins 5 minutes".
Mais pour l'anecdote, il sera même possible de jouer au fou du volant avec un PEMS boulonné à l'arrière : "La vitesse du véhicule ne doit normalement pas dépasser 145 km/h. Cette vitesse maximale peut être dépassée avec une tolérance de 15 km/h pendant un temps n'excédant pas 3% de la durée de la conduite sur autoroute" explique le texte. Qui précise aussi que "sans préjudice d'éventuelles conséquences juridiques, les infractions aux limites de vitesse  locales en soi n'invalident pas les résultats d'un essai PEMS" ! La durée globale du parcours d'essai doit être comprise entre 90 et 120 minutes.

Autre point à retenir, le démarrage à froid : "Les émissions de démarrage à froid doivent être enregistrées" précise le règlement. Mais enregistrées ne signifie pas pour autant qu'elles entrent dans le calcul global des émissions : "Les émissions à froid ne sont pas comptabilisées, car leur prise en compte nécessite des discussions techniques supplémentaires, qui ont été repoussé aux discussions ultérieures afin de pas retarder le processus de mise en place de la réglementation pour le monitoring. En revanche la Commission prévoit de les comptabiliser dès l’application du RDE en sept  2017" précise l'Utac à ce sujet.
A l'instar du souci de la régénération, le démarrage à froid constitue en général une période faste en matière d'émission de polluants pour un moteur...

Le protocole RDE publié récemment ne constitue pas encore la version complète du texte. Bien des points restent encore en discussion au niveau européen entre les parties prenantes, comme la manière de mesurer les particules par exemple.