De 2007 à 2016, le taux moyen d’émissions de CO2 n’a fait que diminuer en Europe, passant de 159,1 g/km à 117,8 g/km. Une première remontée avait été observée en 2017 (118,1 g/km), confirmée en 2018 selon la dernière étude publiée par le cabinet Jato, qui a passé au crible 23 marchés européens et 20 marques.

L’an passé, le taux moyen des émissions s’est ainsi élevé à 120,5g de CO2 par km, soit une hausse de 2,4 g/km par rapport à 2017. Ce retour en arrière est inquiétant, sachant que le taux était descendu sous la barre des 120 g/km en 2015, et en même temps assez logique et prévisible. Pour Jato, l’équation est simple : les immatriculations de diesel reculent de 18% en Europe (seulement 36% du marché l’an passé), les émissions moyennes de CO2 grimpent de 2,4 g/km. La croissance continue des ventes de SUV (16 nouveaux modèles lancés l’an passé), qui représentent plus d’un tiers des immatriculations en Europe, a également accéléré cette tendance négative. La moyenne des émissions de SUV s'est ainsi dégradée de 1,4 g/km. En parallèle, les segments qui rejettent le moins d'émissions, à savoir les citadines et les compactes, ont enregistré une baisse des immatriculations l’an passé.

« L'introduction du WLTP en septembre 2018 a représenté un défi pour le marché, car un grand nombre de véhicules disponibles n'avaient pas encore été homologués. L'augmentation des émissions de CO2 constitue une mauvaise et inquiétante nouvelle pour les gouvernements et la plupart des constructeurs automobiles. Au lieu d'aller de l'avant, l'industrie régresse alors que les objectifs en matière d'émissions se durcissent », commente Felipe Munoz, analyste chez Jato. 

Seuls trois pays vertueux en 2018


Sur les 23 pays analysés l’an passé par Jato, seuls trois d’entre eux ont enregistré une baisse des émissions moyennes de CO2 : la Norvège (83,7 g/km ; -11,4 points par rapport à 2017), les Pays-Bas (108,9 g/km ; -2,9 points) et la Finlande (118,4 g/km ; -0,6 point). La Norvège, où les voitures électriques et hybrides représentent 57% des immatriculations, est le seul pays européen où le taux moyen se situe sous la barre des 100 g/km. L’Allemagne (129,1) et la Suisse (137,3) font figure de mauvais élèves. Les augmentations les plus significatives par rapport à 2017 ont été observées en Belgique (+4 points, 119,3 g/km), au Royaume-Uni (+4,3 ; 125,1) et en Suisse (+4). La France se positionne à la sixième place avec un taux de 112 g de CO2/km, en augmentation de 1,3 point.


Toyota toujours au sommet


Toyota a conforté en 2018 son statut de marque émettant le moins de CO2 en Europe, avec un taux de 99,9 g/km, soit une amélioration de 1,4 point par rapport à 2017. C’est la première fois qu’un constructeur automobile propose une gamme de véhicules dont les émissions moyennes de CO2 descendent sous la barre des 100 g/km. En deuxième position, Peugeot arrive loin derrière : 107,7 g/km (+3,2 points). Citroën complète le podium (107,9 ; +2,4) et devance Renault (109,1 ; +2,5). Au total, sur les vingt marques automobiles analysées, seules cinq d’entre elles ont enregistré une baisse des émissions moyennes : Toyota (-1,4 point), Nissan (-5,2), Suzuki (-0,7), Seat (-1,1) et Volkswagen (-0,7). En bas de classement, on retrouve Volvo (130 g/km ; +5,8 points), Mazda (135,2 ; +4 points) et Mercedes-Benz (139,6 ; +10,5).