La tension est montée de deux crans au sein du groupe Renault. Tandis que l'incarcération de son PDG Carlos Ghosn a été récemment prolongée par la justice japonaise, l'agence de presse Reuters a fait savoir qu'une "fidèle de Carlos Ghosn chez Renault s'est vu verser un salaire additionnel à six chiffres par la holding supervisant l'alliance avec Nissan, à l'insu du conseil d'administration du constructeur français, selon des sources et des documents que Reuters a pu consulter".

Les versements portent "sur un total de 500 000€ à Mouna Sepehri" indique Reuters, avant de préciser bien vite que "rien ne permet de suggérer que ces paiements effectués par Renault-Nissan BV aient été illégaux ou qu'ils aient enfreint les règles de gouvernance de Renault-Nissan."

Toujours selon l'agence de presse, "elle a reçu 200 000€ en 2013 et 100 000€ chaque année entre 2014 et 2016 en plus de sa rémunération" en vertu de "la performance de son travail en tant que membre du conseil". Ces paiements auraient été ordonnés par Messieurs Ghosn et Kelly, aujourd'hui tous deux poursuivis au Japon. Or, selon un "haut dirigeant de l'Alliance" qui a souhaité demeurer anonyme, "il n'y a pas eu de décision officielle du conseil d'administration sur cette rémunération" pointe Reuters.

Reuters a en outre la mémoire longue. Les auteurs de l'enquête rappellent ainsi que "Mouna Sepehri et d'autres dirigeants ont aussi participé en 2017 à un projet visant à verser plusieurs millions d'euros de bonus non déclarés publiquement via une société de service néerlandaise. Le plan, qui devait principalement bénéficier à Carlos Ghosn, fut abandonné après que Reuters en a révélé l'existence en juin de la même année."

La lecture de la dépêche de Reuters a logiquement mis Boulogne-Billancourt sens dessus dessous : "Le groupe Renault constate que cette mise en cause d'un membre dirigeant, quelques minutes après la réunion des administrateurs du groupe, s'insère dans une campagne de déstabilisation délibérément orchestrée" écrit le constructeur, qui a vu dans l'article publié "nombre d'informations erronées ou présentées de façon délibérément tendancieuses". Il se réserve donc "la possibilité d'exercer toutes les poursuites judiciaires qui s'avèreront nécessaires".