Prévue depuis 2012, cette montée en puissance de Renault-Nissan au sein du capital du russe Avtovaz a été réalisée le 18 juin dernier. Au travers d’un montage complexe, l’alliance Renault-Nissan détiendra la majorité du capital du premier constructeur russe.
En effet, l’entité Renault-Nissan détient 67,13% des parts d’une société holding (à côté du conglomérat public russe Rostec) qui contrôle à son tour 74,5% d’Avtovaz. Au final, les intérêts économiques détenus par l’Alliance Renault Nissan au capital d’Avtovaz sont de 50,01% La transaction représente un investissement de 23 milliards de roubles (environ 500 millions de roubles). "Cette prise de contrôle ne change en rien la stratégie de l'entreprise russe", insiste-t-on chez Renault. 


Avtovaz dans le rouge

Cette prise de contrôle intervient dans un contexte plutôt sombre pour l’entreprise russe. Après plusieurs années de croissance spectaculaire, le marché automobile russe a subi un brusque repli de 5,5% en 2013 et Avtovaz a dévissé 12%. Suite à ce recul, l'entreprise a souffert d'une perte de 7,9 milliards de roubles (161,4 millions d’euros) en 2013. Le nouveau patron du constructeur russe, Bo Andersson, un ancien cadre de General Motors, s'est fixé comme objectif un retour à la rentabilité dès cette année. Il a, à cette fin, lancé un plan social prévoyant la suppression de 10% du personnel d'Avtovaz, soit 7 500 postes.


Flou à court terme


La crise ukrainienne génère de nombreuses incertitudes à court terme, mais Carlos Ghosn se veut confiant sur le potentiel du marché russe sur le long terme. Les observateurs sont mal à l’aise pour faire des prévisions sur le marché russe que l’économie souterraine y a une place importante. Les masses d’argent en circulation qui ne cessent de fluctuer sont difficiles à anticiper, or, elles contribuent à l’achat d’automobiles.


L'alliance Renault-Nissan-Avtovaz vise le podium en 2020


Si l’on prend les 5,1 millions de véhicules vendus dans le monde par Nissan en 2013, que l’on ajoute les 2,63 millions de Renault et les 535 000 d’Avtovaz Lada, cette triple alliance totalise 8,265 millions de véhicules. Soit + 2% par rapport à 2012. Elle se positionne ainsi comme quatrième constructeur mondial, derrière Toyota (9,98 millions), General Motors (9,7 millions) et le groupe Volkswagen (9,5 millions). Le sud-coréen Hyundai Motor-Kia occupe la cinquième place (7,56 millions). Carlos Ghosn espère bien faire grimper cette alliance tri-partite sur le podium des constructeurs mondiaux d'ici à 2020. Selon le scénario privilégié par les observateurs aujourd'hui, Renault-Nissan-Avtovaz se placerait derrière Volkswagen et Toyota...devant General Motors.