Décidément, chez l’inventeur du monospace, cela a toujours été un peu compliqué pour les SUV. Empruntée à Samsung Motors, propriété du groupe Renault, la première génération du Koleos n’avait pas vraiment fait des étincelles, du moins en France. En 2015, le Kadjar, techniquement très proche du Nissan Qashqai l’a remplacé, mais le succès s’est ici encore fait attendre. Depuis son lancement, seulement 115 000 unités ont été écoulées. Sur les onze premiers mois de l’année, il s’en est vendu 25 022 (-12,1 %), pointant à la 34e place, tout modèle confondu*, contre 79 164 Peugeot 3008 (+18,5 %), qui lui se tient sur la troisième marche du podium des ventes, voire première sur le segment des entreprises.

Pire, le Kadjar est talonné par le Nissan Qashqai (22 783 ventes, - 6,3 %), qui ne bénéficie pas d’un réseau aussi dense, sans parler du Dacia Duster qui explose (bien que hors catégorie de par son positionnement). 43 813 Duster ont été écoulés depuis le début de l’année, ce qui lui permet de s’inscrire à la 9e places des ventes en France. Sur le marché des SUV du segment C (plus de 310 000 unités à fin 2018), qui ne semble rencontrer aucun signe d’essoufflement, la performance commerciale du Kadjar reste donc très modérée.

Pour lui redonner un second souffle commercial, le constructeur français offre au Kadjar, en plus d’une - très - légère cure de jouvence, une nouvelle gamme de moteurs beaucoup plus adaptés à la demande du marché. Le 1.2 TCe de 130 ch disparait au profit du récent 1.3 TCe, disponible en 140 et 160 ch, tandis que le 1.5 dCi passe de 110 à 115 ch. Enfin, le 1.6 dCi gagne 20 ch pour atteindre la puissance de 150 ch. À noter que cette version ne sera commercialisée qu’en mai prochain et que bizarrement, elle ne sera pas disponible avec la boîte à double embrayage EDC7, présente sur les trois autres moteurs.

*positionnement uniquement pour les ventes en novembre 2018.

Essai

N’ayant pu essayer une motorisation diesel qui représente malgré tout encore 70 % des ventes du Kadjar, notre attention s’est portée sur le nouveau 1.3 TCe dans sa version 140 ch. Développé avec Nissan et Daimler, ce 4 cylindres turbo essence doté d’un filtre à particules a déjà été étrenné sur les Scénic, Captur et Mégane. Il affiche un couple de 240 Nm disponible dès 1600 tr/min (+ 35 Nm par rapport au 1.2 TCe 130 ch). À l’usage, le moteur se révèle agréable, avec d’assez belles reprises en dépit d’une boîte un peu longue afin de contenir des consommations, annoncées ici à 5,9 l/100 km (135 g/km de CO2). Cerise sur le gâteau, il se révèle peu bruyant. Question comportement, la direction s’avère précise avec de bonnes remontées d’information. Le Kadjar reste confortable, à condition de faire l’impasse sur les jantes 19 pouces de notre modèle d’essai en finition Black Edition (indisponible en finition Business). Si cette monte sait se faire oublier sur autoroute, le discours est tout autre sur les chaussées déformées.

Renault Kadjar SUV essai
À l’intérieur, la voiture se montre un peu plus moderne, même si cela marque le pas par rapport au i-Cockpit du Peugeot 3008. La partie centrale de la planche de bord a été redessinée, avec de nouvelles commandes de climatisation et l’écran 7 pouces du système multimédia est désormais mieux intégré, abandonnant ses commandes physiques. Il peut accueillir Android Auto et AppleCarPlay et un système d’alerte de survitesse fait coïncider les informations lues sur les panneaux par la caméra frontale avec celles enregistrées dans le GPS. Les sièges avant ont été redessinés, tout comme les contreportes qui laissent de côté les commandes empruntées au Nissan Qashqai. Enfin, pour être complet, le style extérieur du Kadjar évolue – très – légèrement avec de nouveaux boucliers et des feux à LED aussi bien à l’avant qu’à l’arrière.

Bilan

Renault a indéniablement amélioré son Kadjar. En lui offrant des moteurs essence dignes d’intérêt, il reprend des couleurs avec un agrément de conduite renforcé. Grâce à une consommation sobre, une fiscalité mesurée, ce 1.3 TCe s’avère une alternative intéressante pour une entreprise. Seulement, face à la concurrence, cela suffira-t-il ? Le Peugeot 3008 se révèle plus moderne, plus attrayant et le Citroën C5 Aircross, qui débarque en février prochain, a de sérieux arguments à faire valoir, à commencer par un confort hors pair. Dès lors, la concurrence risque d’être toujours aussi dure pour le Kadjar qui pour autant ne démérite pas.

*positionnement ventes uniquement pour les ventes en novembre 2018.


Parole d’expert Henri Benoit, chef de gamme marketing à la Direction Marketing France



« Le Kadjar est le premier véhicule sur le marché des SUV du segment C à moins de 35000€, créneau qui affiche une part de marché de 40 %. Les sociétés représentent 50 % des ventes du Kadjar et les deux niveaux de finition les plus vendus étaient jusqu’à présent la Business et l’Intens. Pour monter en gamme, nous avons lancé une nouvelle série, la Black Edition qui a pour vocation de concurrencer la GT Line chez Peugeot. Elle dispose d’une sellerie Alcantara, de jantes de 19 pouces, de skis de protection avant et arrière et des coques de rétroviseurs noires. Les nouveaux moteurs essence et l’évolution des blocs diesels, plus puissants, plus souples et plus sobres vont être pour nous des instruments de conquête, tout comme Android Auto et AppleCarPlay, des équipements demandés par les flottes. »


Budget : Renault Kadjar  TCe 140 ch BVM6
• Prix : 28 700 € TTC (finition  Business)
• Valeur résiduelle à 36 mois / 60 000 kms : NC
• Valeur de reprise au bout de 36 mois : NC
• Valeur de revente estimée dans 36 mois : NC
• Eco taxe : 613 € (malus 2018)
• CO2 : 135 g
• TVS CO2 : 877, 55 €/an (2018)
• TVS Air : 40 € (2018)
• LOA : NC (Renault ne communiquera qu’en janvier prochain)
• LLD : NC (Renault ne communiquera qu’en janvier prochain)
• Rotation moyenne : NC