La pérennité de tout constructeur automobile en Chine passe par le véhicule électrique. C'est dans ce contexte que l’alliance Renault-Nissan planche sur une voiture zéro émission pour la Chine qui serait vendue à partir de 8.000 dollars hors subvention, comme l'annonçait Carlos Ghosn, il y a un mois.

Selon des informations publiées par Les Echos, le projet n'a pas encore reçu le feu vert des autorités chinoises mais avance rapidement. Plutôt que de viser une voiture électrique répondant aux standards occidentaux, l'objectif est de proposer une voiture à l'autonomie limitée (moins de 100 km).

« En Chine, on compte 500.000 véhicules électriques à basse vitesse qui ne sont pas homologués et comptabilisés dans les statistiques. L'idée est de s'insérer dans ce paysage », indique aux Echos Marc Soulas, ingénieur en chef du programme. Dans les zones rurales, ces véhicules, qui n'excèdent pas les 100 km/h, sont légion et servent à effectuer des petits trajets quotidiens.

Renault veut faire la différence avec des véhicules sûrs

Dominé par des groupes chinois (Shifeng, Yogomo, Levdeo...), le segment intègre pour moitié les batteries du chinois Tianneng Power. En proposant une voiture sûre et homologuée, Renault s'ouvrirait ainsi un vaste marché caché, tout en accédant aux subventions gouvernementales.


C’est Gérard Detourbet, artisan du déploiement des gammes low cost de Renault depuis dix ans, qui imaginerait l'architecture du futur véhicule. Il travaille à « électrifier » la plate-forme de la Kwid, la petite voiture à très bas coût vendue à partir de 3.500 euros en Inde (mais qui serait plus de deux fois plus chère en version électrique homologuée en Chine).

Renault, Nissan et Dongfeng disposeront de la même plateforme

Ce véhicule sera assemblée en Chine et intégrera une batterie fournie par un équipementier chinois. L'offensive est lancée en commun avec Nissan - qui disposera aussi de son véhicule basé sur la même plate-forme -, et le chinois Dongfeng, allié des deux constructeurs en Chine.

Notons que Nissan et Dongfeng ont déjà développé ensemble un véhicule électrique pour 200 000 yuans (26 990 euros), un prix autrement plus élevé que celui prévisible pour le futur dérivé de Kwid.