« Nous le savons, les start-up viennent aussi perturber un écosystème auto stable, 5e secteur économique en France avec ses 140 000 entreprises. Notre rôle est de permettre la bonne transition entre ces deux mondes, dits traditionnels et novateurs. Au-delà du Moove Lab notre programme d’accélération consacré à la mobilité, nous voulons donc faire quelques pas supplémentaires afin de faire prospérer la filière automobile dans sa globalité », rappelle Xavier Horent, délégué général du CNPA.

Son but ? Donner de plus belles occasions aux organisations patronales de l’automobile de s’ouvrir aux nouveaux acteurs économiques et de travailler à leurs côtés et avec eux. Comme nous l’évoquions en novembre 2018, le syndicat a tenu parole et a organisé son premier « Atelier des mobilités » pour la création de sa nouvelle branche consacrée aux start-up. A lire Le CNPA veut créer un nouveau métier consacré aux start-up.

Outre les premières discussions avec l’association France Auto Tech concernant une possible alliance, le CNPA a invité plusieurs start-up matures mais aussi en développement pour un temps d’échanges. Après quelques témoignages de start-up issues du Moove Lab (Cocolis, Convoicar, Fidcar et Mounki) pour dire leur bonne santé et de la DGITM sur le projet de loi LOM, de jeunes entrepreneurs se sont dispersés en 4 ateliers pour notifier leurs besoins, leurs appréhensions, leur vision du métier, etc. Plusieurs groupes étaient bien évidemment pertinents, le CNPA se chargera de rassembler toutes les idées et projets pour en tirer le meilleur, les adopter et présenter ainsi un nouveau métier dès le mois de février 2019.

Un label pour gage de confiance

L’un des groupes s’est attelé à la question du label. Les réflexions ont évidemment porté sur la rédaction d’une charte et d’un cahier des charges pertinents afin de distinguer les start-up de la maison de l’auto face à d’autres labels. Un logo sera-t-il à apposer pour gage de confiance auprès des entreprises ? Les jeunes chefs d’entreprises ont également évoqué la garantie : s’il était possible de bénéficier d’une assurance, d’une protection par le CNPA. Ils ont aussi discuté sur le fait de l’adhésion, qui doivent-ils accepter ? Quel statut, avancé ou en devenir ? Et doivent-ils élargir le cercle à d’autres organisations étrangères au CNPA ou hors secteur automobile ? Et leur niveau d’engagement, est-il à déterminer ?

Un fond CNPA ?

Un autre groupe a suscité beaucoup de réactions, celui des sujets prioritaires de 2019, ou comment le CNPA peut-il aider sur les principaux besoins, le lobbying, la réglementation, etc. Le nerf de la guerre reste véritablement l’argent, les fonds, les subventions,… De ces discussions ont émergé plusieurs idées, certes inattendues mais qui ont eu du sens : un fond CNPA. Ce soutien financier supplémentaire instauré au sein du CNPA pourrait, selon les start-up, donner davantage de crédibilité pour décrocher d’autres financements publics et privés car « le temps des « business angels » est révolu ». Les jeunes pousses, au sein de ce nouveau métier labellisé, auraient aussi besoin d’un observatoire, concernant le marché, ses acteurs, son business, et ses perspectives, "pour ne plus être dans le flou et avancer sans errer".
L'idée d'une aide juridique a été lancée comprenant une mise à disponibilité d’avocats hyper-spécialisés dans le domaine. Et, un peu plus cru, les entrepreneurs souhaitent aussi que le CNPA redore un peu l’image des start-up car elles sont semble-t-il méconnues : elles seraient perçues comme des "menaces" pour le business des acteurs traditionnels. Des actions menées par le CNPA contribueraient à expliquer leurs projets et à montrer qu’elles sont ouvertes aux collaborations.

Le dernier volet concernait la mise en relation avec les bons partenaires ou les supports de communication. La priorité a surtout été donnée à une présence accrue des start-up sur le terrain. Selon ces dernières, le CNPA est un lien tangible vers les acteurs de l'automobile fortement présents en région et non à Paris. Elles ont donc proposé d'organiser des réunions locales avec l'aide des antennes du syndicat, de développer des partenariats locaux, contracter des aides avec les mairies et confronter les idées des adhérents et des startuppers...

Tous ces points ne seront pas laissés en suspens et seront rapidement traités par le CNPA pour établir un métier, un label et un nom de branche. D'ailleurs, quelques titres ont été donnés mais laissons-les décider entre eux, nous le saurons bien vite.