Avec le soutien de AAA Data, L'argus s'est révélé en mesure de calculer le rendement des nouveaux malus mis en place au 1er janvier 2018. Des calculs que le député rapporteur général du budget Joël Giraud s'est révélé incapable d'effectuer, comme il l'a lui-même indiqué dans un rapport en juillet dernier...

Le malus qui s'applique aux véhicules neufs et d'occasion de 36 CV fiscaux et plus a pour l'instant rapporté 27 207 000 € au Trésor Public, en théorie. Ce calcul n'est pas parfait car la loi prévoit que les véhicules de collection sont exonérés de cette taxe. L'argus n'a pas été en mesure d'isoler les véhicules de collection parmi les véhicules d'occasion vendus, mais leur proportion étant très faible, la recette effective du malus ne doit pas être éloignée de ce chiffre.

Ce malus, destiné entre autres à compenser la suppression de l'impôt sur la fortune, a permis de récolter 9 694 500 € sur les véhicules neufs au cumul des huit premiers mois de l'année. A l'origine, les malus ont été inventés pour détourner les choix des clients des véhicules les plus polluants. Objectif raté, pour l'instant : 1874 voitures ont relevé d'une puissance fiscale supérieure ou égale à 36 CV cette année, contre 1224 à pareille époque l'an dernier ; +53,1% ! Le malus des +36 CV touche 0,1% du marché du neuf.

Cette nouvelle taxe concerne en réalité bien plus le marché de l'occasion. Ce sont 4299 autos qui ont été sujettes à malus depuis le début de l'année, soit là encore 0,1% du marché, mais de l'occasion. Autant de véhicules qui ont rapporté 17 512 500 € au fisc !
Les véhicules d'occasion de 47 CV se sont révélés les plus lucratifs : 338 transactions en huit mois, soit 2 028 000 € de gain pour l'Etat rien qu'avec eux.