Sur place mardi 10 juillet 2018, le patron du groupe californien, Elon Musk, a précisé que l'usine, dont les plans étaient à l'étude depuis un an, aurait une capacité de production annuelle de 500 000 véhicules et qu'il espérait qu'elle serait achevée "très bientôt".
Tesla cherche à se développer sur les marchés mondiaux et voyait dernièrement ses projets mis en danger par l'intensification du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que les pressions du président américain Donald Trump pour le maintien des emplois sur le territoire américain. Mais l'analyste de CFRA Efraim Levy a estimé que l'annonce de la construction de cette usine, au moment où les relations commerciales entre Washington et Pékin sont au plus bas, est une "coïncidence". "L'usine est un projet à long-terme et la situation commerciale est plutôt à moyen-terme et devrait être résolue d'ici la fin 2019", a-t-il estimé.

Dans un communiqué conjoint, les autorités de Shanghai ont précisé que l'accord préliminaire conclu prévoyait la construction de l'usine dans la zone industrielle et commerciale de Lingang, au sud-est de Shanghai.
Elles assurent qu'elles apporteront leur total soutien au projet de Tesla, qui associera la production, la recherche et le développement et la commercialisation de véhicules électriques. Tesla en aura "la propriété exclusive", précise le communiqué.

Premier marché mondial

Depuis les Etats-Unis, un porte-parole de Tesla a précisé que cette nouvelle implantation en Chine "n'aurait pas d'effet sur [leurs] opérations de production aux Etats-Unis, qui allaient continuer à croître" et que les modèles fabriqués en Chine seraient destinés au marché chinois. La construction de la méga-usine commencera dès l'obtention des permis nécessaires, a-t-il ajouté. La production ne devrait pas débuter avant deux ans.
"Tesla aura besoin de beaucoup d'argent pour construire cette usine mais n'a pas indiqué combien elle coûtera", a indiqué Paul Ausick de 24/7 Wall Street, rappelant que le constructeur avait 2,7 milliards de dollars en liquidités disponibles à la fin du 1er trimestre "mais que cela ne semble pas suffisant".

Au cours des dernières années, la Chine s'est imposée comme le premier marché mondial pour les véhicules électriques. Tesla y avait posé d'importants jalons au cours des derniers mois. En mai dernier, la filiale hongkongaise du groupe californien avait ainsi inscrit une nouvelle société, "Tesla (Shanghai) Limited", au registre national des entreprises, dont elle était l'unique actionnaire.
Début juin, les choses s'étaient accélérées avec l'annonce de discussions en cours avec les autorités chinoises pour la construction d'une méga-usine pour fabriquer des véhicules et des batteries dans la ville de Shanghai.

Pour que Tesla puisse produire des véhicules abordables, "il sera très important de baser la production au moins au niveau continental", avait alors souligné M. Musk.
A l'heure actuelle, le groupe a une méga-usine dans le Nevada (sud-ouest) aux Etats-Unis, qui fabrique des batteries pour les véhicules de la marque construits, eux, en Californie, près de San Francisco (ouest).
Tesla souhaiterait à terme ouvrir dix à douze de ces méga-usines -produisant des voitures et des batteries- dans le monde, dont une en Europe, avait ajouté M. Musk.

Devenir rentable

Tesla est depuis plusieurs mois à un tournant de sa jeune histoire et sous pression des marchés financiers car son Model 3, censé faire entrer le constructeur dans la production de masse, a connu d'importants retards de production.
Le groupe a annoncé en juin la suppression de 9% de ses effectifs après avoir déjà entamé une vaste réorganisation interne, consistant notamment à supprimer des échelons hiérarchiques.
Tesla, qui essaie par tous les moyens de devenir rentable cette année malgré les pertes accumulées jusqu'ici, avait précisé que les suppressions de postes n'auraient pas d'impact sur la production du Model 3.
Tesla profite également de la levée de certaines restrictions chinoises concernant les constructeurs étrangers. La Chine a en effet promis de lever d'ici cinq ans des restrictions empêchant des constructeurs étrangers de contrôler leurs coentreprises en Chine.
Jusqu'à présent, toute multinationale désirant produire des automobiles en Chine devait créer avec un partenaire local une coentreprise dont elle ne peut posséder plus de 50%. Ce plafond sera supprimé d'ici 2022 pour la production de voitures individuelles.
En avril, Pekin avait précisé qu'il serait levé dès cette année pour la production de véhicules électriques ou hybrides. Tesla est donc le premier à en profiter.
Constructeurs chinois et étrangers se sont lancés dans la course pour s'emparer d'un marché promis à une croissance toujours plus rapide alors que les autorités locales encouragent le développement de technologies propres.