Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), négocié depuis plusieurs semaines entre la direction et les délégués FO, CGT, SUD et CFDT, devrait être mis en œuvre "autour du 1er septembre", a indiqué Samir Mohamdi, délégué syndical FO (majoritaire dans l’entreprise), en fonction de la date à laquelle il sera validé par les services de l'Etat.

Le PSE prévoit un report de licenciement de deux mois, les syndicats ayant obtenu que la notification de licenciement parvienne aux employés intéressés le 31 octobre au lieu du 31 août.

Il comprend également la mise en place de départs anticipés, des aides à la mobilité, un congé de reclassement de huit mois, des aides à la création d'entreprise ou à la formation, ainsi que la recherche de reclassement interne et externe, a précisé Samir Mohamdi, qui le juge "satisfaisant".

Par ailleurs, une cellule de reclassement en interne, lancée il y a une semaine, a déjà mené "environ 75 entretiens" avec des salariés d'Autolib'. "Mais le groupe Bolloré a surtout des besoins pour des hauts postes à bac +5, ce qui ne correspond pas à notre profil", déplore Samir Mohamdi.

Beaucoup de questions encore en suspens


Il souhaite que les élus intercèdent en leur faveur auprès des nouveaux entrants dans le secteur de l'autopartage à Paris : Renault dès septembre, PSA à partir de la fin de l'année mais aussi le loueur Ada et la société de location entre particuliers Drivy.

Une autre source syndicale juge que le plan social n'est "pas à la hauteur des moyens du groupe Bolloré". Mais "la très grande majorité des collègues avait envie de voir rapidement une issue arriver, aussi imparfaite soit-elle".

L'arrêt d'Autolib' aura un impact sur la société Bluecarsharing, en charge pour le groupe Bolloré des relations client des services d'autopartage à Paris, Lyon, Bordeaux, mais aussi en Italie, en Angleterre et aux États-Unis. Autolib' représentant "environ 60%" de l'activité, une proportion similaire des 180 salariés devrait être touchée par un PSE jumeau, estimait un délégué syndical fin juillet.

Sur un plan matériel, on sait que la plupart des voitures seront mises hors circuit. Mais la question principale se porte désormais sur les bornes, les stations Autolib’ ne fonctionnant plus, dans la mesure où la brique logicielle du système avait été développée par les équipes de Bolloré. A l’heure où les pouvoirs publics veulent promouvoir les véhicules électriques et où la Mairie de Paris fait de la qualité locale de l’air une priorité, la situation est absurde autant que difficilement tenable, surtout que le réseau Belib’ connaît aussi certains problèmes de fonctionnement.


(avec AFP)