L’heure est à la communication de crise chez Tesla. En effet, la marque n’inspire plus vraiment confiance et son président directeur général Elon Musk a multiplié les frasques ces derniers temps, faisant la Une des médias pour de mauvaises raisons (un entretien crépusculaire et dépressif au New York Times, l’émission phare de Joe Rogan où il fume du cannabis et boit du whisky, et de nombreux tweets déplacés).

Ajoutés aux difficultés de montée en cadence de la production du névralgique Model 3 et à des pertes financières récurrentes, ces épisodes ont eu raison de la lune de miel qu’entretenait la marque avec les investisseurs et les places de marché. Le cours de l’action est orienté à la baisse et la capitalisation boursière du groupe se réduit fortement. Au cours de l’été, Elon Musk avait, en outre, évoqué un retrait de la cote de Tesla, ce qui a engendré l’ouverture d’une enquête de la SEC, le « gendarme de la Bourse ». Simultanément, des investisseurs ont déposé une plainte, accusant Elon Musk de manipulation de cours. « Nous pensons qu'Elon Musk a tenté de manipuler le prix de l'action Tesla avec des tweets faux et trompeurs », accuse ainsi le financier américain Andrew Left, dont le fonds, Citron Research, a déposé une plainte contre le chef d'entreprise.

Parcours sans faute pour Jérôme Guillen


Dans ce contexte, aggravé par le départ de plusieurs cadres du constructeur, Elon Musk devait réagir et il a choisi de renouveler largement son top management pour restaurer un climat de confiance. Le manager français Jérôme Guillen en profite puisqu'il est nommé président de la division automobile de Tesla.  « Jérôme (Guillen) a été promu président de la division automobile, et me rendra directement compte », écrit Elon Musk dans un mail interne ensuite publié sur le site de Tesla.

Diplômé de l’Ensta Paris, de l’université Etsii de Madrid et de l’université du Michigan, Jérôme Guillen débute sa carrière au sein du cabinet McKinsey, avant de rejoindre Freightliner LLC, puis Daimler AG, en 2007, en tant que directeur du département « Business Innovation ». En 2010, il rejoint Tesla Motors. Il supervise le programme Model S, puis prend en charge les ventes et les services à l’échelle mondiale, avant de devenir « VP, Camions et Programmes ». Elon Musk ne tarit pas d’éloges envers son nouveau bras droit : « Jérôme a acquis de grandes connaissances dans le fonctionnement des opérations chez Tesla en huit ans », indique-t-il avant d’ajouter : « Il a joué un rôle très important dans le lancement en production de la Model 3. Il a réussi à faire ce que tous pensaient impossible : créer une ligne d’assemblage générale de gros volume en quelques semaines ».