Albi, 2018. « Je ne sais pas si nous représentons une saga de départs et d’arrivées, mais nous avons su rebondir après chaque épreuve de la vie de l’entreprise », souligne Nicolas Grimal, directeur général du groupe éponyme, lorsqu’il termine de raconter l’histoire de la société familiale. Cinq générations ont su rajeunir et moderniser cette entreprise qui a 100 ans cette année et qui, sans la grande faculté d’adaptation de la famille, n’en serait pas là aujourd’hui. « Grâce à nos efforts, les clients restent fidèles. L’un d’eux souhaite d’ailleurs acheter sa 17e voiture chez nous ! C’est la meilleure récompense », assure Angélique Grimal, directrice des ressources humaines.

Cycles et station-service

1960

Revenons en arrière au bout du centenaire. Albi, 1918. André Grimal s’installe au 128 de l’avenue Albert-Thomas pour créer sa société de ferronnerie et de réparation d’engins agricoles. En 1930, Marius, le fils, décide de reprendre le flambeau. Il développe la vente de cycles et la station-service, puis s’attèle à ses premières réparations d’automobiles. Jusqu’en 1960, de nouvelles activités se succèdent, comme la vente et la réparation de véhicules d’occasion. Le garage Grimal vend aussi des voitures neuves, en travaillant successivement avec les marques Rovin, Daf, Chrysler, Dodge, Lancia, Lada et Volvo, dont le panneau est accroché à la façade de la concession en 1974. Alors que René Grimal, la troisième génération, s’occupe de l’affaire familiale, son fils Jacques prend petit à petit la place de chef d’entreprise. Il n’a que 20 ans. La croissance de la société aidant, il est décidé de monter une autre affaire en 1992 : Mondial Park Auto, à Castres. Ce sont désormais deux concessions (avec Grimal Automobiles, à Albi) qui rayonnent sur le département du Tarn. Dans les années 2000, Nicolas Grimal, fils de Jacques, entre dans l’entreprise à 21 ans.

« Quand j’étais petit, ma grand-mère Odette me mettait un moteur de Mobylette dans les mains et je bricolais assis dans l’atelier. C’était une évidence pour moi que d’intégrer la société.» Une évidence aussi de perpétuer le travail de ses ancêtres.

Changement de stratégie

1974, l'histoire entre Volvo et Grimal débute.

Le jeune homme se retrouve vite face à d’énormes responsabilités et le voilà confronté à un événement clé : l’arrêt de Volvo, après vingt-huit ans de collaboration. Nous sommes en 2002 et le constructeur suédois change alors de stratégie : il veut s’implanter dans les grandes villes. Exit donc Albi, sans que les résultats du concessionnaire ne soient en cause (plus de 1% de part dans le Tarn). Rover remplace Volvo, mais la marque disparaît en 2005. Une autre épreuve à surmonter pour le jeune vendeur, qui, à ce moment-là, part seul à Paris démarcher Kia Motors pour distribuer la marque dans le sud. Il y a également eu Dodge, qui n’était plus importée en Europe, et Lancia, marque alors éteinte en France. « Nous avons subi les stratégies des constructeurs, rappelle Nicolas Grimal. Je n’en veux à personne. Il a fallu se battre et nous avons toujours su rebondir. Ce n’est  pas tant une histoire de chiffres, mais quand votre “bébé” disparaît, le mal est là, d’autant que nos clients attendaient des explications.»

« Ils ne m’ont jamais laissée repartir »

Le groupe Grimal a fêté ses 100 ans avec l'ouverture de sa nouvelle concession Volvo à Albi, le 4 juin 2018.

Désormais, l’avenir, c’est une nouvelle concession Volvo de 780 m2 située à côté de Grimal Automobiles à Albi, qui constitue ainsi le nouveau pôle auto du groupe. Le projet, qui a germé pendant plus de trois ans, a été insufflé par la petite dernière, Angélique Grimal, épouse de Nicolas, arrivée il y a cinq ans comme vendeuse. « J’ai été embauchée en CDD, mais mon beau-père et mon mari ne m’ont jamais laissée repartir... Je me suis donc impliquée et j’ai créé un service de ressources humaines. » Elle a fait bien plus, car c’est elle qui a permis à la famille de renouer avec son premier amour, Volvo, après seize ans de rupture. « Et quel retour ! s’enthousiasme-t- elle. Nous vouons un affect particulier à cette marque, le choix s’est donc fait naturellement.» Nécessaire, ce retour aux sources prend pour le groupe les contours d’un nouveau virage, dont l’objectif est la parité. Aujourd’hui, le groupe est composé de 17 hommes et de 13 femmes et tend vers l’équilibre. La dirigeante a d’ailleurs formé une équipe 100% féminine sur le nouveau site, de l’accueil à la vente, en passant par la réparation. Elles sont quatre salariées à défendre leur savoir-faire.

« Je ne suis pas féministe, mais je pense que les femmes ont leur place à tous les postes. De plus, notre sensibilité est vraiment un atout dans le cadre de la satisfaction client. C’est seulement donner une chance à chacun. Nous voulions taper un grand coup.»

Selon elle, la clientèle féminine ose enfin entrer dans la concession… « C’est une avancée pour le groupe, les temps sont en train de changer », soutient Nicolas Grimal.
Angélique et son mari ont également tenu à travailler avec des entreprises locales pour bâtir les murs de la concession. « Nous militons pour l’aspect local, n’oublions pas que certains sont nos clients ou nos partenaires », rappelle-telle. Les chanteurs et les tableaux exposés lors de l’inauguration le 20 septembre venaient eux aussi du Tarn...