En plein débat sur la remise à plat de l'éco-taxe poids lourd et juste quelques jours après la mise en place d'une journée de circulation alternée, samedi dernier résonnait comme un cri en faveur du diesel :

"Le diesel ne pollue pas plus que les autres énergies"
"Nous attendions de dernières études pour le confirmer et maintenant nous pouvons le dire haut et fort, le diesel ne pollue pas plus que les autres énergies et même que l'électricité si l'on ose faire un réel bilan du puits à la roue des véhicules électrique", affirme Patrice Godefroy, PDG de la société IDLP et organisateur de la première journée des États généraux du diesel.

Une journée de débats et de conférences accompagnée d'un salon où une quarantaine d'équipementiers spécialisés dans ce carburant présentait les dernières innovations dans cette motorisation.

Objectif ? Prouver que les dernières générations de moteurs diesel polluent moins que celles fonctionnant avec d'autres carburants. "C'est vrai, poursuit Fabrice Godefroy, directeur général d'Idlp et président de l'association des diésélistes de France. "La somme des polluants (particules fines y compris) est quatre fois moins importante pour le diesel que pour l'essence. Et entre la norme  Euro 5 actuellement en vigueur et celle Euro 6 qui concernera les véhicules mis en circulation à partir de septembre  2015, les polluants seront divisés par 3 pour les motorisations Diesel contre une stabilité pour l'essence."

Et les anciens diesels ?

Plus propre pour les véhicules neufs, le problème reste important pour le parc roulant... Environ un tiers du parc automobile diesel respecte les normes Euro 3, "mais ces véhicules ne représentent que 10% des kilomètres parcourus des véhicules diesels", soutient Jean-Paul Morin, chargé de recherche à l'Inserm, venu en renfort.

Si l'idée d'une prime à la casse pour ces véhicules semble impossible au regard des finances de l'Etat, les spécialistes présents (représentants de Bosch, Delphi, Ufip, ou encore Eminox) militent eux pour un rétrofit au moins des poids lourds et bus.

Filtre à particules
Une opération qui permet d'installer des systèmes de FAP (filtres à particules) ou SCR (réduction catalytique sélective) pour réduire les émissions d'oxydes d'azote que des véhicules d'anciennes générations.

En région parisienne, ce sont 3000 bus de la RATP qui ont été rétrofités de cette manière mais le coût de cette opération (entre 5000€ et 10 000€) la rend intéressante uniquement pour les poids lourds.

Prises entre plusieurs feux, les normes d'émissions de CO2 qui prévoient une moyenne de 95g de CO2/km par constructeur d'ici à 2020 et celles Euro 6 qui prennent en compte aussi bien les particules, que les rejets d'oxydes d'azote  ou encore les hydrocarbures, les constructeurs automobiles sont mis à l'index alors que le transport routier ne représente que 5% des émissions de particules totales en France.

"Or ajoute Dominique Bouchez, directeur qualité à l'Ufip, ils ne pourront y répondre que grâce au diesel".

Déséquilibre

Mais pourquoi alors que le diesel ne semble pas plus polluant que les autres carburants, est-il aussi souvent décrié et montré comme responsable de tous les maux ?

Plusieurs acteurs présents nous ont soufflé comme réponse le déséquilibre toujours plus important de la balance commerciale des carburants...

La France produit de l'essence qu'elle arrive de moins en moins à exporter notamment aux USA qui deviennent plus autonome grâce à la production de gaz de schiste. Et elle importe de plus en plus de gazole, qu'elle ne produit pas!

En 2011, la France a ainsi importé 20,4 millions de tonnes de gazole et à exporté 4,2 millions de tonnes d'essence.