Il était attendu par les Français, Edouard Philippe s’est exprimé pour répondre à leur colère. Le Premier ministre et invité de RTL du mercredi 14 novembre, a confirmé entre autres, que la prime à la conversion doublerait pour les 20% de ménages français les plus modestes, soit une super-prime de 4 000 euros.

« Nous allons développer massivement la prime à la conversion automobile. Notre objectif est de se diriger vers les personnes qui ne peuvent pas acheter de nouvelles voitures et de les accompagner dans cette acquisition. Je donne un exemple : aujourd’hui les primes à la conversion peuvent monter jusqu’à 2 000 euros, nous allons donc faire en sorte que pour les 20% de Français les plus modestes, une super-prime soit créée pour passer à 4000 euros dans le but d'acheter un véhicule d’occasion, lequel sera plus récent et moins consommateur », a assuré Edouard Philippe au micro de RTL.

Une super-prime dès 2019

Rappelons que la prime étendue aux hybrides (véhicules électriques d’occasion ou thermique Crit’air 1 ou 2, neuf ou d’occasion) s’élevait à 2 500 euros maximum pour les foyers non-imposables (1 000 euros pour les imposables). La nouvelle mesure sera entièrement financée par le budget de l’Etat et entrera en vigueur dès le 1er janvier 2019. Il a également confirmé que le gouvernement voulait distribuer 1 million de primes d’ici à 2022 pour accompagner un maximum de Français. Ce sont 500 000 de plus que prévues par Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique.

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Le Conseil national des professionnels automobiles réagit

Le CNPA a pris acte des décisions mais propose d’aller encore plus loin. Le syndicat rappelle en effet que « 61% des Français ne perçoivent pas de solution alternative à l’automobile pour leur mobilité. Par ailleurs, l’achat d’un véhicule neuf concerne environ 1 ménage sur 28, alors que l’achat d’un véhicule d’occasion concerne 1 sur 5 en 2017. L’enjeu d’un parc plus écologique et accessible concerne donc tout particulièrement les véhicules d’occasion, dont le renouvellement pourra entraîner des effets plus massifs pour la protection de l’environnement et de la santé ». Il souhaite donc que le gouvernement étudie un dispositif visant à sécuriser l’état du parc et des transactions entre particuliers (66% du marché) opérées sur le marché de l’occasion et d’initier rapidement des conditions préférentielles en termes d’accès au crédit.

Aussi, du côté des entreprises de l’automobile, le CNPA restera vigilant du soutien qui leur sera accordé : « ces partenaires de l’Etat dans l’exécution des politiques publiques pour ce qui concerne les versements des bonus et des primes à la conversion, doivent réellement être soutenus dans les avances parfois considérables de trésorerie effectuées pour le compte de l’Etat ».