Il s'agit du nerf de la guerre de demain : à qui appartiennent les milliers de données qu'enregistrent les véhicules ? Et au delà de l'appartenance, qui sera en droit de les exploiter, et à quels moments ?

Le centre de recherches de l'Union européenne (JRC) a récemment publié un rapport intitulé "Accès aux données digitales des véhicules et concurrence dans l'après-vente" qui a le mérite de repréciser les choses, à défaut d'apporter de grandes nouveautés. Prudents, les auteurs ont même intitulé le chapitre de conclusion "tentative de conclusion" !

Il faut dire que le problème est le suivant : d'un côté les constructeurs, qui considèrent que toutes les données leur appartiennent, et qu'ils n'ont pas à les livrer à quiconque. De l'autre, le secteur de l'après-vente, qui aimerait bien lui aussi accéder à toutes ces lignes de code. Non seulement pour réparer les autos, mais aussi et surtout pour en faire un business, à l'instar des constructeurs.

Le JRC  pense que pour tenter de desserrer l'étau voulu par les constructeurs, la première option serait d'élargir le nombre données accessibles par le lecteur OBD. Les données livrées par la prise diagnostic se cantonnent pour l'instant à des informations en rapport avec la pollution du véhicule. L'idée serait donc d'enrichir l'offre : "Cela rendrait possible la création d'une plateforme interne au véhicule dans des conditions de sécurité relativement satisfaisantes" note le JRC.
Mais le JRC note aussi que tout le monde ne pourrait s'équiper en matériel d'interrogation de ladite plateforme, et qu'une telle initiative ne serait pas en mesure à elle seule de rééquilibrer le match entre les constructeurs et le secteur de l'après-vente.

Seconde option, rendre "portables" les données de chaque véhicule. Chaque propriétaire, via l'interrogation d'un serveur dédié, serait en mesure de télécharger ses propres données afin de les livrer à qui bon lui semble. L'idée parait bonne, mais le JRC relève avec à propos que les constructeurs resteraient tout puissants dans la propriété intrinsèque de la donnée. D'autre part, ils pourraient être tentés de faire payer très cher l'interrogation des serveurs qu'ils mettraient à la disposition de leurs clients. In fine, ceux-ci seraient découragés...

Le problème reste entier, le rapport du JRC note plusieurs fois qu'une intervention règlementaire sera sans doute indispensable pour le solutionner.

L'association qui représente les équipementiers de premier rang (Clepa) a fait savoir qu'elle "appréciait" le rapport effectué par le JRC.