En marge de la présentation des résultats de Valeo, Jacques Aschenbroich, président directeur général du groupe, a effectué quelques mises en perspective par rapport à des technologies appelées à se développer, la question névralgique résidant en fait dans le rythme de leur expansion. Les robots-taxis devraient notamment connaître une première phase d’essor et Valeo a conclu des accords confidentiels avec des entreprises de la Silicon Valley. « Nous parlons ici de véhicules autonomes de niveau 4 et 5, mais ils ont besoin de nos technologies, caméras, radars, lidars, capteurs, etc. Autant de technologies que nous fournissons déjà aux constructeurs traditionnels, qui travaillent actuellement davantage sur l’autonomie de niveau 3 », indique Jacques Aschenbroich, avant de poursuivre : « A ce stade, les volumes sont encore potentiels, mais on peut parler de quelques centaines de milliers de véhicules, 200000 par exemple. Nous faisons ce pari, sachant que les investissements ont plusieurs applications, en anticipant un frémissement des volumes vers 2020-2021 ». L’intérêt du groupe réside dans la valeur qu’il apporte, estimée aux alentours de 5000 euros par véhicule, par le biais des capteurs de leur système de nettoyage. D’une manière générale, Jacques Aschenbroich pointe que les progrès dans l’autonomisation sont probants, citant par exemple Waymo, qui parvient à enchainer des séquences de roulage de 11000 miles sans aucune intervention humaine, ou encore GM Cruise.

Les promesses de l'Intelligence Artificielle

Par ailleurs, l’IA (Intelligence Artificielle) devient une activité significative chez Valeo, comme en témoigne la création d’un centre de recherche dédié, à Paris, actuellement animé par quelque 200 chercheurs. « Nous plaçons notamment l’IA dans les capteurs nécessaires aux Adas. Si les véhicules deviennent intelligents, c’est grâce à des capteurs intelligents et c’est plus simple que de tout faire reposer sur le calculateur central », schématise Jacques Aschenbroich.

Ne pas opposer les duos "constructeurs-équipementiers" et "Gafa-BATX" 

Dans ces vastes périmètres, Jacques Aschenbroich estime qu’il ne faut pas se montrer trop réducteur en opposant constructeurs ou équipementiers traditionnels et tech companies, notamment les Gafa américains et les BATX chinois : « Il n’y aura pas un vainqueur et un vaincu et nous assistons à la mise en place de nouveaux écosystèmes. A cet égard, l’accord conclu entre Google et l’Alliance Renault Nissan a du relief, au même titre, par exemple, que l’usage de l’application Waze avec un iPhone, ce qui concilie Google et Apple ». A ses yeux, les tech companies ne montrent pas de velléités de fabriquer des véhicules, sans doute parce que le savoir-faire industriel est lourd et que les niveaux de marge sont modérés par rapport à d’autres activités. Dans un registre légèrement différent, les constructeurs s’engagent dans les nouvelles mobilités, car elles recèlent une valeur potentielle qu’il pourrait être dangereux de sous-estimer. Jacques Aschenbroich précise que Valeo se place au service des nouvelles mobilités, mais qu’il ne sera pas un opérateur d’icelles. Son positionnement par rapport aux robots-taxis illustre cette stratégie.

Un travail de veille sur les 30000 start-up de l'écosystème

Enfin, l’équipementier poursuit son travail de veille sur l’univers des start-up : « Nous en recensons 30000 dans notre écosystème ! Nous investissons rarement en direct dans ces start-up, mais nous pourrions cependant en acquérir une ou deux dans un avenir proche. Elles font souvent valoir des compétences complémentaires aux métiers et aux technologies du groupe. Par exemple pour la finesse de la gestion du traitement de l’air dans l’habitacle, afin d’en faire un smart cocoon ».