A une semaine de l’ouverture du Mondial de l’automobile de Paris, l’Observatoire Cetelem, entouré des cabinets C-Ways et Harris Interactive, a souhaité consacrer sa traditionnelle étude annuelle à l’avenir du véhicule électrique. Une enquête terrain a été menée auprès des consommateurs de 16 pays* (10 600 personnes interrogées en ligne) représentant 70% du marché automobile mondial. Une étude qualitative est venue compléter le dispositif en France (focus groupes à Paris, Lyon et Bordeaux en juillet). 

Au final, et ce quelles que soient les nationalités interrogées, les grands enseignements de cette étude ne comportent que peu de surprise : les automobilistes ont une image positive de la voiture électrique, ils croient même en son avenir, mais dans les faits ils ne semblent pas disposés à franchir le pas. Les blocages soulevés sont toujours les mêmes : le coût, l’autonomie ainsi que les infrastructures.

Des bons points trop secondaires


Ainsi, 77% des sondés dans le monde considèrent que le véhicule électrique est économique à l’usage (71% en France) et 68% jugent qu’il réclame moins d’entretien qu’un véhicule thermique. Son impact écologique et ses bienfaits sur la pollution constituent une évidence pour l’ensemble des personnes interrogées. Le plaisir de la conduite, l’image positive... toutes ces belles promesses sont balayées d’un revers de la main dès lors que l’on aborde les points les plus pratiques. A commercer par l’autonomie. 

Seuls 13% des Français (30% dans le monde) imaginent pouvoir acheter une voiture électrique ayant moins de 300 kilomètres d'autonomie. Rares sont pourtant les modèles commercialisés pouvant se targuer d’une telle autonomie aujourd’hui (on peut citer les Renault Zoé, Hyundai Kona, Tesla). « Plus nous avançons dans le temps plus l’exigence d’autonomie est élevée. L’équation est complexe à résoudre car cela implique un coût plus important », souligne Flavien Neuvy, responsable de l’Observatoire Cetelem.

Toujours trop cher à l'achat


86% des automobilistes dans le monde estiment que le véhicule électrique est plus cher à l'achat que son équivalent thermique (91% des Français ; 64% des Norvégiens). Enfin, l’étude révèle une certaine méconnaissance des consommateurs sur le cadre entourant ces modèles. Ainsi, seuls 32% d’entre eux savent qu’il existe des aides ou incitations sur l’achat des VE (65% en Chine, 55% en France, 23% en Espagne).

Pour toutes ces raisons, la part des véhicules électriques sur le marché français ne décolle pas. A fin août 2018, elle se situait à 1,2% (1,1% fin 2016). L’Observatoire Cetelem anticipe une pénétration autour de 3% en 2020. En Europe, la Norvège fait figure d’exception (26% des ventes de VE) en raison des nombreuses exonérations et des avantages importants (péage et parking gratuits, voies réservées...).

*Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Brésil, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Mexique, Norvège, Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Turquie