Le CNPA a organisé le 8 novembre une "Journée nationale des recycleurs". Les seuls démolisseurs n'étaient pas les seuls invités, puisque les ramasseurs d'huiles usagées et autres collecteurs de pneus ont répondu présent.
Comme à leur habitude, les démolisseurs ont appelé les pouvoirs publics à lutter contre la filière illégale de traitement des épaves. Mais en outre, selon le CNPA, "ces professionnels sont également en attente de la publication du décret sur la sortie du statut de déchet, qui permettra aux acteurs de travailler plus aisément à l'export". Une sortie du statut de déchet "qui concerne aussi les collecteurs de pneus usagés" note le syndicat professionnel.

Selon des données divulguées par l'Ademe, les démolisseurs ont démonté 9 millions de pièces en 2017, soit une augmentation de 5,8% par rapport à 2016. Mais officiellement, toutes ces pièces sont des déchets qui n'ont pas le droit de quitter le territoire français. Un déchet est en effet interdit d'exportation.

Mais la législation est en train d'évoluer ces derniers temps... Le 22 octobre dernier est sorti un décret visant à supprimer la commission consultative sur le statut de déchet : "L'objectif de cette suppression est une simplification administrative de la procédure de sortie du statut de déchet" notent à ce propos les sénateurs Olivier Cadic et Marta de Cidrac, auteurs d'un rapport autour du projet de loi "portant suppression de sur-transpositions de directives européennes en droit français".

C'est précisément ce projet de loi en cours de discussion qui devrait enfin apporter aux démolisseurs ce qu'ils réclament depuis des années. L'article 15, avant correction par le Sénat, indiquait en substance que "pour cesser d'être un déchet, le déchet devra désormais remplir une condition principale : avoir subi une opération de valorisation, notamment de recyclage ou de préparation en vue de la réutilisation. Cette opération pourra avoir été réalisée dans n'importe quel établissement spécialisé dans la gestion de déchets, et non plus seulement dans un établissement enregistré".
Le Sénat a toutefois choisi de revoir légèrement l'article : "Pour certaines catégories de déchets non dangereux, la procédure de sortie du statut de déchet peut, dans certaines conditions fixées par décret, être mise en oeuvre en dehors des installations mentionnées..."
Les démolisseurs automobiles, une fois ce projet de loi validé par le Parlement, bénéficieront sans doute d'un décret en leur faveur qui leur permettra d'exporter moteurs, boites de vitesses, pneus, etc.