La marque Volvo se porte bien et elle a d’ailleurs largement battu son record mondial de ventes en 2018, avec 642253 unités, en hausse de 12,4% par rapport à 2017. « Dans ce panorama, la « vieille Europe » a rempli son office avec 343795 véhicules, en progression de 7,1%, malgré un ralentissement en Suède (-9,8% pour 67128 unités) lié à un fléchissement du marché et au renouvellement des breaks, qui restent très prisés sur le marché », indique Yves Pasquier-Desvignes, avant de poursuivre : « Le Royaume-Uni (50065 +8,6%) et l’Allemagne (45134 +11,8%) complètent le podium. Suivent la Belgique (21201 +11%), l’Italie (19340 +9,7%), la France (18825 +15,8%) et l’Espagne (15933 +19,2%) ».

Par ailleurs, Volvo a maintenu une belle croissance en Chine (136601 unités), malgré la contraction de ce qui est aujourd'hui son premier marché, ainsi qu’aux Etats-Unis (98263 unités pour +20,6% de croissance). Au niveau des modèles, le XC60 (189459 unités toutes générations confondues), la gamme 90 (110603) et le nouveau XC40 (94182) donnent le tempo du dynamisme commercial.

Tous les indicateurs sont au vert, mais les ambitions sont aussi élevées, puisque le groupe vise un volume de 800000 ventes en 2020 et 50% de ses ventes via des modèles électrifiés à l’horizon 2025.

Défricher de nouveaux territoires

Il y a encore quelques années, le groupe se serait sans doute arrêté à ses considérations commerciales, mais les temps changent et sous l’impulsion de Geely, très actif dans l’automobile (prise de contrôle de Proton et Lotus récemment), et de son président Li Shufu, il est appelé à évoluer et à défricher de nouveaux territoires. Dans bien des cas, il ne s’agit pas seulement d’effets d’annonces et d’expériences de laboratoire, mais bel et bien de tester de nouvelles pratiques pour mieux les implémenter à grande échelle à l’avenir. Hakan Samuelsson multiplie ainsi les initiatives d’envergure, voire de rupture.

Au niveau des ventes, le programme Care by Volvo est actuellement en test en Allemagne et repose sur le principe d’un abonnement souscrit en ligne et Yves Pasquier-Desvignes annonce que « des discussions sont ouvertes avec la maison-mère et que le programme devrait être déployé en France en 2021. Cela peut être vécu comme un petit traumatisme par le réseau, mais il faut ouvrir l’œil sur ce qui se fait ailleurs et par d’autres, car cela change les points de vue et incite à la vigilance et à l’action pour garder la main ».

Toujours dans les révolutions de la distribution et de l’achat automobile, on trouve bien entendu Polestar, la marque haut de gamme du groupe qui vient notamment défier Tesla. Si le business-model n’est pas encore totalement gelé, il est manifeste qu’il ne reprendra pas tous les codes de la distribution traditionnelle. Et si les volumes s’annoncent réduits, le lancement en France est confirmé pour 2020. « Dès lors, nous discutons avec le réseau pour savoir qui veut et peut tenter l’aventure, sachant que la présentation et la commercialisation des voitures devront se réaliser hors du réseau physique de Volvo », pointe Yves Pasquier-Desvignes.

L'automobile en mode Netflix

Dans un registre encore différent, il y a Lynk & Co qu’Alain Visser présentait ainsi en exclusivité dans nos colonnes : « Quatre points. Le premier, c’est que nous allons vendre en ligne. Deuxièmement, nous aurons dans chaque pays un brand store. En France, il sera à Paris, en Belgique, à Anvers. Troisièmement, nous aurons une vingtaine de pop-up stores, ou boutiques éphémères, qui vont voyager d’une ville à une autre, ce qui signifie qu’à Paris, par exemple, nous aurons un pop-up store chaque semaine, à Saint-Germain-des-Prés la première semaine, dans le 10e arrondissement la deuxième… Ailleurs, nous aurons une présence au moins une à deux fois par mois. Quatrièmement, le service. Nos voitures seront entretenues et réparées par les concessionnaires Volvo. Nous n’avons donc pas à investir dans un réseau d’ateliers. Nous irons chercher la voiture directement auprès du client pour la remplacer par une autre, puis nous lui ramènerons. C’est une expérience totalement premium ! ». Sans omettre une référence à Netflix pour les modalités de l’abonnement. Longtemps évasif sur le sujet, Yves Pasquier-Desvignes se fait plus précis en évoquant « une expérience full web et une sollicitation du réseau français en 2020, mais uniquement pour l’après-vente ».

Ne pas devenir trop dépendant technologiquement des Tier 1

En outre, il y a aussi M, pour « Mobility », une marque du groupe qui s’aventure sur le terrain de l’autopartage en free floating, sur le modèle de Marcel, pour schématiser. En Suède et en Norvège, taux d’utilisation des véhicules et rentabilité sont au rendez-vous. « Une étude vient de s’ouvrir pour la France, mais il faut évaluer certains comportements, car la variable des frais de remise en état et le coût du stationnement peuvent fragiliser l’ensemble », indique Yves Pasquier-Desvignes.

Enfin, il convient de ne pas oublier la coentreprise Zenuity, mise en place avec l’équipementier Autoliv, et qui focalisent ses recherches et ses travaux sur les Adas, la connectivité et par extension, l’autonomisation de la conduite. « L’objectif du groupe est de ne pas être totalement dépendant des grands Tier One et de maîtriser les courbes d’expérience de certaines technologies d’avenir », précise Yves Pasquier-Desvignes.