L'Europe est décidée, L'Europe relèvera donc les défis. Depuis la création du projet en Europe, autrefois appelé l'Airbus des batteries, les dirigeants allemands et français ne cessent de revendiquer tout l'intérêt de développer une filière européenne, laquelle prévoit d’ici à 2025, d'équiper jusqu’à 7 millions de véhicules électriques par an. C'est donc par le biais d'une
5e réunion que le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et son homologue allemand Peter Altmaier, ainsi que Maros Sefcovic, le vice-président de la Commission européenne, ont une nouvelle fois affiché, lors d'une conférence ou dans une tribune publiée aux Echos, leur détermination à gagner la bataille de la voiture électrique, malgré l'avance considérable de l'Asie dans ce domaine. 

Dans un courrier envoyé par Bercy, il est rappelé au tout début « qu'en France, la part de marché des véhicules électriques neufs est passée de 1,3 % à 6 % en l’espace de quelques mois. Il serait absurde de produire des véhicules électriques en Europe et de ne pas être
capable de produire les batteries électriques qui représentent une part très importante de la valeur de ces véhicules ailleurs qu’en Europe. C’est cela l’intuition stratégique qui a été celle de Thierry, de Maroš, de Peter et de moi-même. Je crois que cette alliance des batteries électriques est au croisement des trois grands défis européens des dix prochaines années »
. Autrement dit, la maîtrise de ses propres technologies, l'investissement pour être au niveau de la Chine ou des États-Unis, et enfin rester indépendants des fournisseurs étrangers

7 millions de véhicules électriques équipés par l'UE

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L'Alliance des batteries européenne souhaiterait alimenter 7 millions de véhicules électriques d'ici quatre ans.

Rappelons que ce projet industriel phare réunit 12 États membres et une quarantaine d'entreprises, dont les constructeurs BMW et Tesla, le chimiste français Arkema ou encore le spécialiste suédois des piles Northvolt. C'est au total une enveloppe débloquée de
20 milliards d'euros pour financer 63 projets
, donc 2,9 milliards d'euros investis par la Commission européenne. L'objectif principal est, à 
moyen terme, que les usines pilotes de Nersac en France, ou encore celle qui va être construite à Douvrin et le site d'Ellwangen en Allemagne, soient capables d'alimenter les
7 millions de véhicules électriques d'ici 4 ans. 


« C'est pour tout cela que cet engagement politique a autant d’importance aux yeux de la France ». En effet, Bruno Le Maire, redit dans sa note officielle, « que lorsque nous avons lancé cette alliance et ces projets de batteries électriques, tout le monde nous a dit que cela ne servait à rien, comme toujours. Que la bataille était déjà perdue, mais les seules batailles que nous perdons sont celles que nous ne livrons pas. [...] L’Europe a sa carte à jouer et a la possibilité de bâtir son indépendance technologique. »

L'Europe des batteries doit former

Mais l'Alliance européenne fait face encore à trois défis majeurs, que le ministre français Bruno Le Maire énumère : 

  • Le premier, avoir un approvisionnement en produits essentiels et en matières premières sécurisé, notamment sur le lithium, le graphite et le nickel, pour ne plus dépendre de l’Asie. Puis, financer et développer les capacités de raffinage de ces matières premières en Europe.

  • Le deuxième défi, c'est réfléchir à un niveau européen de formation « qui devrait permettre de transformer les qualifications et permettre à des ouvriers, des salariés qui travaillaient sur le thermique de pouvoir se former sur les batteries électriques, les véhicules électriques, acquérir de nouvelles qualifications pour ces véhicules qui vont prendre une place de plus en plus importante sur le marché. Notre objectif est de former et reconvertir 800 000 salariés d’ici à 2025 sur la chaîne de valeur des véhicules électriques". 

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  • Le troisième défi insiste sur la stratégie européenne de décarbonation de l'industrie. « Cela ne sert à rien de décarboner notre industrie si nous sommes obligés de réimporter des produits carbonés en Europe. Tous les efforts qu’on aura faits sur notre territoire, nous risquons de les perdre par les importations.»