Comment l'Allemagne va-t-elle surmonter les symboles d'échecs qu'elle accumule ces derniers temps? Une équipe de football prématurément éliminée, un gouvernement paralysé, un dieselgate qui n'en finit pas de discréditer ses constructeurs, un projet d'aéroport qui ne parvient pas à se finaliser...

Et voici que le groupe Volkswagen décide de conjuguer deux de ces échecs : le constructeur du dieselgate va stocker ses véhicules en attente d'homologation WLTP dans le futur aéroport de Berlin, dont le chantier accumule les retards.

"Nos espaces habituels ne suffisent pas" à stocker les véhicules en attente d'homologation, a déclaré un porte-parole de Volkswagen. L’aéroport de Berlin (BER) en éternelle construction serait une localisation parmi d'autres pour entreposer les voitures concernées.

200 000 à 250 000 véhicules en attente d'homologation


Volkswagen a reconnu ne pas être préparé aux nouveaux standards européens de tests de pollution WLTP, plus précis et plus longs. Le sujet est sensible pour le constructeur qui a avoué en 2015 avoir faussé la précédente génération de tests, commercialisant des millions de véhicules diesel ne respectant pas les normes.

Le groupe est aussi obligé de fermer pendant plusieurs jours son usine historique de Wolfsburg pour ne pas accroître son stock de véhicules non homologués.

Au total, entre 200.000 et 250.000 véhicules sont concernés, dont une petite partie sera stockée au BER.

Cet aéroport en construction est un gros scandale allemand. Son ouverture était initialement prévue en 2011 mais, du fait de négligences, d'erreurs graves de conception voire de corruption, son inauguration n'a toujours pas eu lieu.

Son ouverture, repoussée à sept reprises, pourrait finalement avoir lieu en octobre 2020, mais même cette date est sujette à caution, certains acteurs préconisant même de reprendre le chantier à zéro.