Le samedi 1er septembre correspond à l'entrée en vigueur de la deuxième phase du règlement WLTP. Tous les véhicules ou presque vendus neufs à compter de cette date devront avoir vu leurs consommations homologuées selon le nouveau protocole, qui remplace avantageusement le NEDC, jugé dépassé.

Les concessionnaires partout en Europe sont donc les premiers à observer les conséquences pratiques de cette nouvelle règlementation : l'afflux de véhicules dits "zéro kilomètre", soit des VN immatriculés sur parc qui seront revendus comme des VO.

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Le groupement des concessionnaires Renault n'en prend toutefois pas ombrage : "Il vaut mieux avoir des voitures à vendre que pas de voitures du tout", sourit Dominique Didier, le président du groupement, "nous avons du chiffre d'affaires à réaliser, le constructeur nous a aidés sur le financement et les moyens commerciaux...". Le volume de zéro kilomètre à écouler serait équivalent à "un mois de vente" selon M. Didier. 

Son de cloche fort différent chez PSA. Le constructeur se targue depuis longtemps déjà d'avoir anticipé le WLTP et ses effets, que cela soit sur le plan industriel ou commercial. De ce fait, François Mary, président des concessionnaires Peugeot, ne voit "aucune conséquence" au changement de règlementation : "Nous avons réalisé nos objectifs, voilà tout. Les autres ont énormément immatriculé, donc notre part de marché sera mauvaise sur le mois d'août. Mais sur le dernier quadrimestre, nous allons faire du business" assure-t-il.

Pour le groupe Volkswagen, le WLTP est un problème qui n'est toujours pas réglé à ce jour. Toutes les marques ont eu à faire face à des problèmes d'approvisionnement, de disponibilité, etc. A tel point qu'à ce jour, Porsche ne propose plus de voitures neuves à la commande ! Une situation certes temporaire, mais que les concessionnaires français goûtent assez peu : "Nous avons dû travailler différemment. Cette situation a un impact sur notre organisation, notre flux de business.... A titre personnel, je n'ai pas eu à immatriculer des stocks parce que je travaille sur le sujet depuis décembre dernier" indique un distributeur, "le souci vient plutôt des délais de livraison, et des modèles ou versions suspendus".

Ce concessionnaire explique aussi que l'absence de clarté sur les malus à venir ne lui facilite pas la tâche d'un point de vue commercial. Le groupe Volkswagen se serait de toute façon engagé à payer la différence au client en cas de mauvaise surprise à l'immatriculation.

« Des constructeurs ont amorcé cette transition dans une position plus confortable que d’autres, par conséquent certains concessionnaires sont plus exposés. La situation actuelle était attendue, commente Christophe Maurel, président des concessionnaires VP au CNPA. Au CNPA, nous avions prévenu il y a plusieurs mois les pouvoirs publics que ce changement de règlement pèserait sur les trésoreries des distributeurs en raison du gonflement des stocks lié à l’afflux massif de véhicules immatriculés. Mais, à ce jour, aucun concessionnaire nous a informé qu’il rencontrait des difficultés. Il est encore un peu tôt pour en mesurer les conséquences, il faudra attendre les quatre prochains mois pour voir l'étendue des dégâts, ou contraire les bénéfices ».