Quelques semaines après la publication de l’étude prospective à horizon 2025, réalisée par la société TCG Conseil pour le CNPA, l’équipementier allemand se projette à son tour sur l’avenir du marché de la rechange. En prenant en considération les progrès technologiques, la transparence des prix, la consommation en ligne, qui modifient les attentes, mais également la consolidation des distributeurs et la montée en puissance des véhicules électriques, ZF considère que « les ateliers doivent dès maintenant travailler de manière plus astucieuse afin de créer un positionnement unique pour se différencier, maintenir une croissance soutenue et assurer leur succès futur ».

« L'avancée technologique et les nouveaux comportements de consommation liées notamment à la vente en ligne, signifient que le client s'attend à ce que ses demandes soient satisfaites 24h/24, 7j/7. Toute performance en-deçà n'est plus acceptable et vous perdrez en chiffre d'affaires. Si le client n'obtient pas ce qu'il veut, quand il le veut, de la bonne façon et au bon prix, il ira ailleurs. Et une fois qu'un client est parti, les statistiques montrent qu'il ne reviendra pas, soulève Alexis Ghyselinck, responsable marketing France de ZF Aftermarket. Les ateliers doivent donc examiner leur modèle économique, leur attitude envers leur clientèle et l'accès à leurs services ».

Véhicules électriques, autonomes, mobilité...


Au regard des mutations en cours, la croissance du marché de la rechange ne sera pas linéaire. Ainsi, la hausse des coûts d'entretien liés à la mobilité partagée devrait profiter au marché des pièces de rechange, en revanche celle-ci pourrait entraîner une diminution du nombre de véhicules sur la route. Avec moins de pièces d'usure, les coûts d'entretien des véhicules électriques pourraient être inférieurs de 40 % à ceux des véhicules conventionnels. « Mais ces pertes peuvent être compensées par des opportunités d'investissement dans des compétences et des offres qui répondent à la demande croissante de durabilité », nuance l’équipementier.

Et ZF de pointer du doigt les limites du véhicule connecté ainsi que le danger lié à la concentration des acteurs de la rechange. « D'ici 2030, les voitures recommanderont automatiquement un lieu pour effectuer l'entretien et 58 % des clients suivraient ces recommandations, ce qui constituera une sérieuse menace. En outre, les dépenses de réparation liées aux véhicules autonomes accidentés devraient être faibles. Enfin, nous évoluons dans un marché de plus en plus concurrentiel, dominé par des acteurs moins nombreux mais plus puissants. Les chiffres montrent que 9 des 10 plus grands distributeurs européens de la rechange indépendante ont été concernés par des fusions, acquisitions et consolidations au cours des cinq dernières années ».

Expérience client unique


Selon Alexis Ghyselinck, les acteurs de la rechange « doivent se professionnaliser en investissant dans le recrutement, la formation et l'équipement pour faire face à la complexité croissante. Concernant les clients, les ateliers devraient investir dans la mise en place d'un parcours client numérique et analyser, de manière exhaustive, leur offre de services. Cela leur permettra de trouver des moyens pour se positionner clairement face aux réseaux concurrents. Ils devront créer une expérience client unique afin d'attirer et de fidéliser à la fois les clients et les salariés. »